Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/308

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tous les spectateurs, pleins d’émotion et de reconnaissance.

Talou et Sirdah, présents depuis le début du spectacle, partageaient visiblement notre enthousiasme. L’empereur, stupéfait, rôdait autour de Carmichaël, dont l’excentrique toilette semblait le fasciner.

Bientôt quelques mots impérieux, promptement traduits par Sirdah, nous apprirent que Talou, désirant chanter à la façon de Carmichaël, exigeait du jeune artiste un certain nombre de leçons, dont la première devait commencer sur l’heure.

Sirdah n’avait pas terminé sa phrase que déjà l’empereur allait sur la scène, où Carmichaël le suivit docilement.

Là, pendant une demi-heure, Talou, émettant une voix de fausset assez pure, s’efforça de copier servilement les exemples fournis par Carmichaël, qui, tout surpris en constatant l’étrange facilité du monarque, déployait un zèle infatigable et sincère.

Après l’achèveinent de cette séance inattendue, la tragédienne Adinolfa voulut expérimenter au point de vue déclamatoire l’acoustique de la place des Trophées. Vêtue d’une magnifique robe de jais endossée en quelques minutes pour la circonstance, elle monta sur la