Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/309

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


scène et récita des vers italiens accompagnés d’une impressionnante mimique.

Méisdehl, la fille adoptive de l’empereur, venait de se joindre à nous et semblait médusée par les attitudes géniales de la célèbre artiste.

Or, le lendemain, Adinolfa éprouva une grande surprise en errant sous les voûtes odorantes du Béhuliphruen, dont l’ardente végétation attirait chaque jour son âme vibrante, toujours en quête de splendeurs naturelles ou artistiques.

Depuis un moment la tragédienne traversait une région très boisée tapissée de fleurs éclatantes. Elle eut bientôt connaissance d’une clairière au milieu de laquelle Méisdehl, improvisant dans son jargon des paroles pleines d’envolée, reproduisait devant Kalj la mimique prodigieuse qui la veille, après la leçon de Talou, avait attiré tous les regards vers la scène des Incomparables.

À vingt pas le char stationnait, gardé par l’esclave étendu sur un lit de mousse.

Adinolfa, sans faire de bruit, attendit quelque temps, épiant Méisdehl, dont les gestes l’étonnèrent par leur gracieuse justesse. S’intéressant à la révélation de cet instinct dramatique, elle s’approcha de la fillette pour lui enseigner les principes fondamentaux de la démarche et de la tenue scéniques.