Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/359

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instinct, saisirent gloutonnement, pour s’en repaître, les fins rouleaux ternes et figés.

Ce repas inattendu se faisait au bruit d’un léger hoquet de gourmandise exhalé par le mollusque étrange à carapace blanche.

Pendant ce temps, le bloc aux trois branches rotatives, l’éponge et la plate rondelle grisâtre demeuraient immobiles sur le sable uni.

Entièrement revenu à lui, Fogar courut à Éjur puis rapporta sur la plage un récipient qu’il remplit d’eau de mer avant d’y placer les hôtes de la grotte sous-marine.

Les jours suivants, Fogar, très fier des résultats de sa plongée, projeta pour le jour du gala une curieuse exhibition de ses trouvailles.

Il avait étudié de près les six spécimens, qui, une fois sortis de leur élément, continuaient à vivre, en gardant toutefois une complète immobilité.

Or, cette inertie déplaisait à Fogar, qui, tout en rejetant l’idée plus banale d’une présentation en eau de mer, voulait faire valoir ses sujets à la façon des forains montreurs de bêtes.

Se souvenant de l’empressement avec lequel une moitié de sa troupe s’était emparée des caillots sanguins lancés par lui sur la plage, il résolut d’employer à nouveau le même procédé de surexcitation.