Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/370

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même personnage dans une pose un peu différente.

Puis d’autres changements se produisirent, et l’adolescent stupéfait vit ses principaux gestes reproduits par l’étrange plaque sensible, qui fonctionnait à son insu depuis sa lente arrivée au fond de l’eau.

Tour à tour les trois lingots extraits des sables brillèrent sur le vivant panneau, qui rendait fidèlement toutes les couleurs avec une certaine atténuation due à l’opacité du milieu liquide.

À peine terminée, la série d’ébauches recommença, pareille et dans un ordre identique.

Sans attendre la fin de ce nouveau cycle, Fogar creusa la vase autour de l’immense roseau blanc, qu’il put détacher du sol avec sa racine intacte.

Plusieurs plantes de même espèce, mais plus jeunes, poussaient de divers côtés. L’habile plongeur en déracina quelques-unes puis remonta enfin à l’air libre avec sa moisson et ses lingots.

Rendu à la vie pleinement consciente et débarrassé de ses caillots sanguins par l’emploi de la fleur violette, Fogar courut s’enfermer dans sa case afin d’examiner à loisir ses précieux végétaux.

La première plante répétait sans cesse la même suite de tableaux classés dans un ordre invariable.

Mais les autres, bien que rigoureusement similaires