Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/444

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tout en n’ayant pour elle que des attentions de père.

Chaque nuit, le prince de Conti allait retrouver la marquise, dont les vingt ans ne pouvaient s’accommoder d’une éternelle solitude.

Ces visites réclamaient d’infinies précautions. Pour ménager en cas d’alerte un prétexte à sa fuite, le prince lâchait dans le parc, avant chaque rendez-vous, certain geai apprivoisé, qui depuis longtemps déjà le suivait dans tous ses voyages.

Un soir, concevant quelques soupçons, le marquis alla frapper chez son hôte ; n’ayant pas obtenu de réponse, il pénétra dans la chambre vide et aperçut les vêtements de l’absent épars sur un meuble.

L’octogénaire se rendit aussitôt chez sa femme en la sommant de le recevoir sur-le-champ. La marquise ouvrit sa fenêtre sans bruit et la referma de même, pendant que son amant se laissait glisser jusqu’au sol. Cette manœuvre avait demandé quelques secondes à peine, et le verrou de la porte put être tiré en temps voulu.

Le vieux jaloux entra sans rien dire et visita en vain tous les recoins de la chambre. Après quoi, l’idée d’une évasion par la fenêtre lui étant venue à l’esprit, il sortit du château et se mit à fureter dans le parc.

Bientôt il découvrit Conti à demi nu, qui lui