Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/51

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


la longue pédale appelée à faire tourner la meule.

Balbet, paré du masque, du gant et du plastron, marqua vivement avec le bout de son fleuret une ligne droite sur le sol, puis, la semelle gauche appuyée sur le trait immuable, tomba en garde avec élégance devant le bras articulé qui, ressortant à gauche, se profilait nettement sur le rond blanc de l’autel.

Les deux fers se croisèrent, et La Billaudière-Maisonnial, mettant son pied en mouvement, fit tourner la meule avec une certaine vitesse.

Tout à coup le bras mécanique, effectuant plusieurs feintes savantes et rapides, s’allongea brusquement pour porter un coup droit à Balbet, qui, malgré son habileté universellement connue, n’avait pu parer cette botte infaillible et merveilleuse.

Le coude artificiel s’était replié en arrière, mais la meule évoluait toujours, et bientôt une nouvelle gymnastique trompeuse, complètement différente de la première, fut suivie d’une détente soudaine qui piqua Balbet en pleine poitrine.

L’assaut se continua de la sorte par des bottes multiples ; la quarte, la sixte, la tierce, voire la prime, la quinte et l’octave, se mêlant aux « dégagez », aux « doublez » et aux « coupez », formaient des coups sans nombre, inédits et complexes,