Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/52

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


aboutissant respectivement à une feinte imprévue, rapide comme l’éclair, qui toujours atteignait son but.

Le pied gauche rivé à la ligne qui l’empêchait de rompre, Balbet ne cherchait que la parade, essayant de faire dévier le fleuret adverse prêt à glisser de côté sans le rencontrer. Mais le mécanisme mû par la meule était si parfait, les bottes inconnues contenaient des ruses si déroutantes, qu’au dernier moment les combinaisons défensives de l’escrimeur se trouvaient régulièrement déjouées.

De temps à autre La Billaudière-Maisonnial, tirant et repoussant plusieurs fois de suite une longue tige dentée, changeait totalement l’agencement des différents rouages et créait ainsi un nouveau cycle de feintes ignorées de lui-même.

Cette manœuvre, capable d’engendrer une infinité de résultats fortuits, pouvait se comparer aux tapes légères qui, appliquées sur le tube d’un kaléidoscope, donnent naissance dans le domaine visuel à des mosaïques de cristaux d’une polychromie éternellement neuve.

Balbet finit par renoncer à la lutte et se dépouilla de ses accessoires, ravi de sa défaite, qui lui avait fourni l’occasion d’apprécier un chef-d’œuvre de mécanique.

Soulevant deux courts brancards fixés derrière le banc qu’il venait de quitter, La Billaudière-Maisonnial