Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/62

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trouvaient fixés à angle droit au sommet de tiges mobiles dont le jeu souple et délicat enfantait de languissants arpèges.

Suivant la prédiction du chimiste, l’enveloppe transparente tamisait à peine les vibrations, dont la sonorité pénétrante se propageait avec charme et vigueur.

Sans attendre la fin de cette romance sans paroles, Bex arrêta le moteur en abandonnant la pédale. Puis, tournant la manette rouge, il éleva encore la température interne en surveillant le thermomètre. Au bout de quelques secondes il ferma le robinet de chaleur et contracta de nouveau le ressort placé sous son pied.

Aussitôt une deuxième roue-archet, plus grosse que la première et frottant une corde plus volumineuse, fit entendre des sons de violoncelle pleins de douceur et d’attrait. En même temps un clavier mécanique, dont les touches s’abaissaient d’elles-mêmes, se mit à jouer un accompagnement riche et difficile aux traits dangereusement rapides.

Après cet échantillon de sonate-duo, Bex accomplit une nouvelle manœuvre, élevant cette fois le liquide violet d’un seul dixième de degré.

Le pseudo-violon se joignit alors au piano et au violoncelle pour nuancer l’adagio de quelque trio classique.

Bientôt une division supplémentaire, gagnée