Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/73

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Au moment où le chimiste achevait ses explications, un phénomène inattendu fut signalé par un murmure de la foule qui s’était lentement rapprochée.

On se montrait avec étonnement les pièces d’or semées par Stella Boucharessas.

Depuis quelque temps, les louis, doubles louis et pièces de cent francs s’agitaient doucement sur le sol, sans surprendre personne par leur mouvement léger imputable à quelque souffle capricieux.

En réalité, les impondérables monnaies subissaient l’influence du cylindre culminant qui agissait avec puissance ; déjà quelques pièces volaient en ligne droite vers sa mine d’ambre, puis s’y fixaient solidement. D’autres suivirent, tantôt rondes et intactes, tantôt pliées et foulées aux pieds.

Bientôt le sol fut dégarni suivant une bande strictement régulière, bordée de chaque côté par le reliquat des écus placé en dehors de la zone d’appel.

La mine disparaissait maintenant sous un véritable tampon de papier doré, couvert de millésimes et d’effigies.

Quelques atomes d’or véritable devaient entrer pour une part infime dans la composition de toute cette richesse clinquante.

En effet, par sa position même, la mine surchargée