Page:Roussin - Une campagne sur les côtes du Japon, 1866.djvu/67

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adossée à de riantes collines. Plusieurs fois, ils avaient rencontré des cortéges, et, sans se soumettre aux exigences de la coutume nationale, n’avaient jusqu’alors essuyé des officiers des princes que des regards haineux ou quelques imprécations.

Le 14 septembre 1862, un négociant anglais, M. Richardson, était sorti avec trois autres personnes pour faire une promenade à cheval du côté de Yedo. À onze heures du matin, ils rencontrèrent un cortége arrivant de cette ville : c’était celui du prince Shimadzo-Sabouro, père du Daïmio de Satzouma. Ils se rangèrent sur le bord de la route et continuèrent au pas, sans être inquiétés, jusqu’au moment où apparut le Norimon (palanquin) du prince. À cet instant les gardes, armés de sabres et de lances, se mirent devant eux et leur intimèrent l’ordre de rebrousser chemin. Ils retournaient leurs chevaux et se disposaient à obéir, lorsque les gardes, dégainant leurs sabres, se jetèrent sur eux. Un instant après, M. Richardson tombait mutilé et les trois autres personnes, dont deux gravement atteintes, s’échappaient au galop de leurs chevaux du côté de Kanagawa. Le cortége jeta le cadavre dans un champ voisin, continua sa route et s’arrêta à trois lieues plus loin pour y passer la nuit.

À Yokohama, aussitôt l’arrivée de la seule personne qui se fût échappée saine et sauve de l’atten-