Page:Routhier - Le Centurion, roman des temps messianiques, 1909.djvu/266

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LE CENTURION

hautement Jésus de Nazareth de son absence injustifiable. « Lui qui a daigné ouvrir les yeux de l’aveugle-né, disaient-ils, n’aurait-il pas dû venir sauver son ami de la mort ? »

Tout à coup, la foule chuchota : Le Prophète ! Le Prophète ! Il est venu enfin ! Il est là-bas, à la barrière de l’avenue qui conduit au château. Un frémissement courut dans la foule, et l’émotion fut intense.

— « Malheureusement, dirent les pharisiens, il est venu trop tard ! Il a manqué aux plus sacrés devoirs de l’amitié. »

Marthe se hâta au-devant de Jésus et lui dit : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort… »

— Ton frère ressuscitera, lui répondit Jésus.

— Je sais, répliqua Marthe, qu’il ressuscitera au dernier jour.

Alors Jésus éleva la voix, et dit d’un ton solennel : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra !… Le crois-tu, Marthe. »

Marthe ne douta plus. Et se jetant à genoux devant Jésus elle lui dit : « Oui, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Myriam vint à son tour, toute baignée de larmes ; et Jésus lui-même frémit en son esprit, et pleura.

Alors, il se dirigea vers le sépulcre, qu’on lui indiqua, et la foule le suivit. Les pharisiens se disaient entre eux : « Il pleure, parce qu’il ne peut