Page:Routhier - Le Centurion, roman des temps messianiques, 1909.djvu/298

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
296
LE CENTURION

Mais les fêtes de Pâques approchaient, et de tous les endroits les plus reculés de la Palestine partaient des caravanes qui se dirigeaient vers Jérusalem.

Le printemps était venu, et son épanouissement dans ce beau pays tout ensoleillé, répandait partout la lumière, les fleurs et les parfums. En ce commencement d’avril, les journées étaient très chaudes, et les caravanes cheminaient la nuit aux lueurs des étoiles et de la lune nouvelle, dont le croissant s’élargissait chaque jour.

Comme instinctivement, Jésus entra un matin dans le grand mouvement populaire, et il prit la route qui conduisait à Jérusalem, accompagné de ses disciples. De nombreux pèlerins se joignirent à eux, et formèrent bientôt une nombreuse caravane. La plupart des hommes cheminaient à pied ; et beaucoup de femmes suivaient à dos d’âne. ’

On fit une longue halte au milieu du jour, sur le bord du Jourdain, à l’ombre des grands palmiers. Le repas et la sieste terminés, on se remit en marche. Les conversations étaient languissantes, et cessèrent presque à l’approche du soir. Mais quand le soleil disparut derrière les montagnes de la Judée, et quand le croissant lunaire montra son fin profil au-dessus des larges têtes des palmiers, les pèlerins poussèrent des acclamations ; car ils venaient d’apercevoir les tours crénelées de Jéricho, qui semblaient escalader les montagnes de Juda sur la droite.