Page:Routhier - Le Centurion, roman des temps messianiques, 1909.djvu/299

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LE CENTURION

Déjà les parfums de la « ville des baumiers, et des roses », arrivaient jusqu’à eux. L’amphithéâtre et l’hippodrome bâtis par les Romains dessinaient leurs rotondes au-dessus des murailles, et sur la gauche s’ouvrait la grande plaine qui baigne ses bords dans la mer Morte.

À grands pas, Jésus marchait silencieux en tête des disciples, et ceux-ci se communiquaient leurs impressions à voix basse. De sinistres pressentiments les envahissaient, et ils se demandaient ce qui allait advenir de leur Maître, s’il se rendait à Jérusalem ; mais ils n’osaient l’interroger.

Soudain, Jésus qui lisait dans leur pensée, ralentit ses pas, et leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem, et tout ce que les prophètes ont annoncé du Fils de l’Homme va s’accomplir.

« Il sera livré aux princes des prêtres et aux scribes, condamné à mort, remis aux mains des Gentils, moqué, flagellé, crucifié ; et il ressuscitera le troisième jour. »

Quelle terrible réponse aux muettes interrogations des disciples !

Ainsi donc, le sort en était jeté, et le dénouement du drame approchait. Sans doute, le grand prophète avait déjà plusieurs fois laissé entendre quel triste sort l’attendait, mais ses lugubres prédictions n’avaient pas été comprises, et ses admirateurs n’avaient pas voulu croire au triomphe possible de ses ennemis. Comment un homme si extraordinaire, qui commandait aux éléments, aux