Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/257

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qu’elle a perdu ; & le lendemain, elle sera plus salubre. À quelque prix que ce soit, on doit se procurer de l’eau, à moins qu’on ne préfère leur mort certaine, ou du moins de les voir attaqués des maladies les plus graves.

C’est ici le cas de ne pas épargner le vinaigre, d’aciduler légérement leur eau, quelquefois de la nitrer, de leur donner de l’eau blanche, de leur donner des décoctions de feuilles de mauve, d’althéa, de pariétaire, de matricaire, de laitue ; enfin, des décoctions des plantes émollientes & adoucissantes que l’on rencontre le plus facilement sous sa main. Un parti plus sage seroit de les conduire vers la rivière ou la fontaine, de les y laisser plusieurs jours sans travailler, & à l’abri des grandes fermes. Il vaudroit mieux les y faire camper, que charier de l’eau qu’on ne leur donne qu’avec la plus grande parcimonie. Si un propriétaire calculoit bien, il trouveroit surement ce dernier parti plus avantageux. Un point encore essentiel, si les circonstances le permettent, c’est de faire baigner l’animal pendant son campement.

Dans les cas dont on vient de parler, les urines des bestiaux sont rouges, couleur de brique, épaisses ; l’animal souffre en urinant ; les dyssenteries bilieuses surviennent, & sont presque toujours le prélude de maladies plus graves encore.

La pratique ordinaire conseille la saignée pour diminuer l’effervescence & l’acrimonie du sang : mais il est inutile, & même dangereux, de recourir à ce remède, si on ne peut lui associer les adoucissans & surtout les humectans.

Le trop de repos occasionne encore l’acrimonie. En général, les bestiaux ne sont pas dans ce cas : on doit craindre, au contraire, de les voir surmener. Il faut labourer, vous dit-on, & on n’a nul égard à la saison & à l’état où l’animal se trouve. Je dis à mon tour, il vaut mieux laisser l’animal oisif pendant plusieurs jours, que de le tuer.


ADMIRABLE. Pêche. (Voyez ce mot)


Admirable jaune. Pêche. (Voyez ce mot)


ADONIS, ou Goutte de sang. Adonis silvestris florè phœniceo, ejusque foliis longioribus. C. B. P. Adonis œstivalis. Lin. M. Tournefort range cette plante dans la classe des fleurs en rose, & dans la section de celles dont le pistil devient un fruit composé de plusieurs semences rassemblées en forme de tête ; & M. le chevalier Von Linné la place dans la classe de la polyandrie polyginie. On cultive cette plante plus pour l’ornement des jardins, que pour ses propriétés médicinales. La couleur tranchante de ses fleurs & le beau verd de la tige & des feuilles, font distinguer au premier coup d’œil cette agréable espèce de renoncule.

Fleur. Le calice est divisé en cinq folioles obtuses, concaves, légérement colorées, & tombent après la floraison. Cinq pétales composent cette fleur ; ils sont obtus, & attachés par de petits onglets. La base de chaque pétale est un nectar