Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/379

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la chaudière, avec deux becs à chaque ; ils deviendroient aussi avantageux que les deux rangées de chapiteaux dans la construction de l’alambic, fig. 4. La forme ovale est un obstacle considérable ; tout ce qui s’écarte de la forme ronde, est impraticable aux chaudronniers.

Le troisième genre de chapiteau pour l’alambic-baignoire, fig. 10, a quatre becs IIII. Les couvercles des deux premiers alambics, dit M. Baumé, ont l’inconvénient de présenter aux vapeurs qui s’élèvent de la chaudière, beaucoup de parties pleines entre les chapiteaux qui retardent les vapeurs dans leur marche, pour enfiler le canal de la distillation ; c’est pour remédier à cet inconvénient, que je propose un seul chapiteau de même ouverture que celle de la chaudière, & dans l’intérieur duquel rien ne s’oppose à l’ascension des vapeurs.

L’intérieur de ce chapiteau contient une gouttière de deux pouces de large & autant de profondeur, ayant une pente vers les becs pour conduire la portion de liqueur qui se condense. Ce chapiteau doit être amovible ; la partie qui doit reposer sur la chaudière sera garnie en K, fig. 11, qui est le même chapiteau, vu de profil, d’un cercle de cuivre bien dressé, d’environ neuf lignes quarrées, sans aucune moulure.

Les bords de la chaudière de cet alambic doivent être aussi garnis d’un semblable cercle sans moulures, pour que les deux pièces s’emboîtent l’une dans l’autre, & que les deux cercles joignent très-exactement l’un sur l’autre. Les quatre becs du chapiteau, fig. 10 & 11, doivent avoir chacun six pouces de diamètre en L, & se terminer à deux pouces par l’extrémité pour entrer dans quatre serpentins de deux pouces de diamètre chacun, dans toute leur étendue.

À la partie supérieure du chapiteau M, fig. 10 & 11, on pratique une douille de cuivre tournée, de deux pouces de diamètre, par laquelle on introduit, dans l’alambic, la liqueur à distiller. On se sert pour cela d’un entonnoir qui a un tuyau assez long pour descendre de quelques pouces au dessous de la gouttière, afin qu’en chargeant l’alambic, il n’entre rien dans la gouttière.

La construction des trois alambics proposés par M. Baumé, est très-coûteuse, soit à cause des masses de cuivre qu’il faut tourner, soit par rapport à la difficulté de trouver des chaudronniers assez industrieux pour donner la forme prescrite à chaque pièce. M. Baumé convient qu’il a eu les plus grandes peines pour les faire exécuter sous ses yeux, & même dans la capitale du royaume, où l’on trouve les artistes les plus instruits & les plus exercés. À quelle dure extrémité ne seroit-on pas réduit dans les provinces ? il faudroit donc ou faire venir les ouvriers, ou tirer les alambics tout construits ? Certes, les frais de voiture, les douanes de Lyon, de Valence, les péages, les huit sols pour livre, l’entrée des provinces réputées étrangères, &c. augmenteroient excessivement leur prix. Cependant, si, en dépensant beaucoup d’argent, on étoit assuré de la réussite dans les opérations, on ne regarderoit pas de si près au sacrifice.