Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/392

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


insiste à le rétablir à son ancienne place, parce qu’à l’exemple des liquoristes, on obtient une eau-de-vie plus dépouillée de mauvais goût & de mauvaise odeur. Ce réfrigérant doit prendre près de la naissance du chapiteau, & à un demi-pouce au dessous de l’endroit où la gouttière est placée intérieurement. Il environne de toute part le chapiteau, & entr’eux il se trouve un vide de quatre pouces que l’eau remplit. Le réfrigérant s’élève à trois ou quatre pouces au dessus du chapiteau, de manière qu’il est entièrement couvert par l’eau amenée par la conduite. Ce réfrigérant est percé d’un trou à sa base, par où passe le bec du chapiteau qui doit communiquer au serpentin, & ce bec est enveloppé du tuyau propre du réfrigérant ; de sorte que ce bec est environné par l’eau qui s’échappe du réfrigérant par son propre tuyau, & qui se continue jusqu’à ce qu’il trouve l’endroit du serpentin qui plonge dans l’eau de la pipe. Ainsi, en supposant que la conduite d’eau donne deux pouces d’eau dans le réfrigérant, son tuyau en dégorge autant dans la pipe du serpentin.

De la pipe du serpentin, & de celle du bassiot. M. Moline exige, avec raison, que la première soit plus grande, plus vaste que les pipes ordinaires, où l’eau s’échauffe trop facilement. La grandeur de la pipe engage à donner plus de volume au serpentin ; au bas de cette pipe est un tuyau par lequel passe la dernière extrémité du serpentin qui va gagner le bassiot. C’est par le moyen de ce tuyau, que l’eau de la pipe s’écoule dans le bassiot, en accompagnant toujours le serpentin ; & par conséquent, le rafraîchit sans cesse depuis son union au bec du chapiteau jusqu’au bassiot.

Du bassiot. M. Moline exige qu’on ajoute une pipe au bassiot, toujours dans la vue de maintenir la fraîcheur, & de procurer par-là l’entière condensation des esprits, afin qu’il ne s’en évapore point. Son bassiot est garni de deux tuyaux, l’un qui s’adapte, au bas du serpentin, & plonge presqu’entièrement au fond du bassiot ; & l’autre, pour laisser échapper la grande quantité d’air qui se dégage pendant la distillation. Ce second tuyau sert encore à mesurer la quantité d’esprit qui a coulé dans le bassiot. Un morceau de liége sert de base à une règle de bois implantée dans ce liége ; cette règle est graduée par pouces, & on sait combien chaque pouce d’élévation suppose de pintes d’esprit dans le bassiot. À mesure que l’esprit coule, le liége s’élève, & la règle par conséquent : de manière que, sans mesurer, on connoît le nombre de pintes que le bassiot a reçu.

Ces détails offrent des particularités dont on peut tirer un grand parti, & quelques défauts dont il faut se préserver. Le fourneau, n°. 7, Pl. 11, est bien simple & la flamme & la chaleur qui reviennent presqu’au point d’où elles sont parties, leur donnent le tems d’agir directement sous les chaudières, & de ne pas se perdre inutilement dans la cheminée.

La manière de faire, dans l’instant, d’un fourneau à bois un fourneau à charbon, est heureuse. Il faudroit supprimer la grille pour le bois, parce que la brasse tombe