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l’aider dans ses travaux, sont sujets à cet accident tout comme lui. (Voyez au mot Œil ou Taie, les remèdes curatifs.)


ALCALI, Physique-Chimie.

§. I. Des Alcalis en général.
§. II. De l’Alcali fixe végétal.
§. III. De l’Alcali minéral ou marin.
§. IV. De l’Alcali volatil.
§. V. Des Alcalis par rapport à l’Économie animale & végétale.


§. I. Des Alcalis en général, & de leurs propriétés.


Alcali est un mot arabe : al est la particule signifiant le ou la, & kali est le nom arabe d’une plante que nous connoissons sous celui de soude.

On entend par alcali une espèce de sel qu’on distingue en fixe & en volatil. Cette substance saline paroît être un principe assez généralement répandu dans les trois règnes ; c’est ce qui nous engage à entrer dans quelques détails par rapport à elle. C’est en étudiant toutes les parties & les divisions d’un tout, que l’on peut se flatter de parvenir à sa connoissance complette. Les alcalis, comme les acides & les sels en général, ne sont plus relégués dans les laboratoires des chimistes ; tous les objets qui composent la nature, sont du ressort du philosophe ; tous méritent son attention. Il est cependant des points de vue sous lesquels on les peut considérer, qui appartiennent de préférence à telle classe de la science universelle plutôt qu’à telle autre ; dans ce cas, il faut qu’il se contente de saisir les rapports principaux, les liens qui les enchaînent à la masse commune, & s’attacher ensuite aux points qui doivent l’occuper actuellement. Dans l’histoire que nous allons tracer des alcalis, nous ne nous bornerons donc pas aux détails purement chimiques ; mais nous les considérerons par rapport à l’économie végétale & animale, après avoir dit un mot de leurs propriétés communes, & de leurs qualités différentielles.

L’alcali, en général, est une substance saline qui paroît composée d’acide, de terre, & d’un peu de phlogistique, & dont les principes ont ensemble une moindre adhérence que n’en ont entre eux ceux de l’acide ; aussi est-il plus susceptible de décomposition. Il échauffe l’eau dans laquelle on le fait dissoudre, & produit du froid avec la glace ; exposé à l’humidité de l’air, il l’attire ; sa saveur est âcre & brûlante, & d’autant plus forte qu’il est plus pur & plus dépouillé d’air fixe : cette saveur a même quelque chose d’urineux. La propriété de l’alcali la plus connue, est de changer en verd les couleurs bleues des végétaux : mêlé avec un acide, s’il est combiné avec l’air fixe, il fait effervescence jusqu’au point de saturation, & de cette union résultent différens sels neutres : à un feu modéré, il entre en fusion ; & mélangé avec les terres, il leur sert de fondant & les change en verre, surtout les terres vitrifiables ; il décompose tous les sels à base terreuse ou métallique.

Les sels alcalis, dans certaines circonstances, sont de très-grands dissolvans. Non-seulement ils se combinent avec les terres, les acides, mais, encore avec le soufre & toutes