Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/403

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chargées des neiges du printems, ou d’autres frimats, les altérera de manière à leur ôter toute leur beauté. On peut se procurer cet abri, en relevant des terres, & en y plantant des haies d’if ou de tuya.

Voici la couverture que M. le baron de Tschoudi a trouvée la meilleure, après une expérience de dix années, & les avoir toutes essayées.

Mettez du moellon brisé au pied de l’arbuste, afin d’empêcher les vapeurs de s’élever, & ces vapeurs augmentent l’effet de la gelée ; puis rapprochez les branches du tronc, sans qu’elles se touchent, en les liant avec des osiers fins ; fichez circulairement autour de l’arbuste, & à une distance convenable de son pied, des bâtons qui surpassent d’environ un pied le bout de sa flèche ; rapprochez leurs bouts, croisez-les & les liez ensemble, vous aurez un cône un peu renflé dans le milieu ; ajustez tout autour de la longue paille qui traînera un peu sur terre par le bas, & que vous rassemblerez & lierez en haut ; doublez le haut du cône d’une paille plus courte que vous étendrez fort épais, & que vous lierez vers la pointe, comme pour former une faîtière ; écartez la paille vers le milieu du cône du côté du nord & du midi, pour y laisser passer un courant d’air, tant que le froid n’est pas trop vif. Vers le dix d’Avril, vous donnerez encore plus d’air ; vers le 15, vous ne laisserez de paille que du côté du nord. À la première pluie, vous découvrirez entiérement vos alaternes que vous trouverez en bon état. Il sera bon de placer une souricière à plusieurs trous, au pied de chaque arbuste ; car il arrive quelquefois durant les neiges, que les petits rats, appelés muscardins, rongent l’écorce des arbres ainsi couverts. Que l’on continue ces soins jusqu’à ce que les arbres aient un tronc suffisamment fort, on parviendra enfin à former des alaternes aguerris contre les frimats ; car une fois que leur bois aura acquis une certaine consistance, si quelques-unes de leurs branches manquent pendant l’hiver, on les retranchera au printems : ils répareront aisément cette perte, & ne seront jamais sensiblement altérés.

Propriétés. Le bois ressemble assez à celui du chêne verd, & on s’en sert pour les ouvrages d’ébenisterie. On fait peu d’usage, en médecine, des différentes parties de cet arbre. Quelques auteurs lui attribuent les mêmes propriétés qu’au nerprun. (Voyez ce mot) D’autres le regardent comme un astringent utile dans les gargarismes pour les maux de gorge.


ALBERGE, Pêche. (Voyez ce mot)

Alberge. Espèce d’abricot. (Voyez ce qui a été dit page 192, en parlant de cet abricot.)


ALBERGEMENT, signifie dans la province de Dauphiné, ce qu’on appelle ailleurs bail emphytéotique. (Voyez Emphytéose)


ALBUGO. Tumeur blanche, ou taie qui vient à l’œil sur la cornée par un engorgement des vaisseaux lymphatiques. Ce vice empêche la vue, tant qu’il subsiste. Les animaux que l’homme a rendus esclaves pour