Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/561

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lui, le trop grand affaissement des pattes.

Avant de faire les couches, il est essentiel d’observer quelle sera leur exposition. Celle du plein midi presse trop la végétation, & mange, pour se servir du langage de l’art, les boutons des fleurs. Il faut donc une exposition tempérée, sur-tout dans les pays chauds, & que dans cette exposition, l’air y agisse librement.

V. Des semis. Tout fleuriste jaloux de se procurer des espèces nouvelles, ou de renouveler celles qui ont dégénéré, marque les pieds dont la fleur simple offre des espérances, soit pour sa forme, soit à cause de la vivacité ou la bigarrure de sa couleur ; & rejette toutes les anemones simples, blanches ou pointues, ou de couleurs ternes.

Lorsque la graine est parfaitement mûre, il est tems de la cueillir. Sa maturité se manifeste, lorsque cette graine, chargée de duvet, est prête à se séparer de la tête. On la cueille à l’ardeur du soleil, & aussitôt on la transporte dans un endroit sec, à l’abri de l’humidité de l’atmosphère & du vent ; & lorsqu’elle paroît bien sèche, il faut la renfermer dans une boîte pour attendre la saison convenable au semis. Dans nos provinces septentrionales, le mois d’Août est l’époque assez communément suivie pour semer, & dans les méridionales, on est à tems en Septembre ; cependant, s’il est possible de garantir les jeunes plantes des effets des trop fortes chaleurs, on gagnera beaucoup en se hâtant de semer ; la patte aura acquis beaucoup plus de force & plus de volume avant l’hiver, enfin sera plus belle, plus vigoureuse au printems suivant.

La manière de semer n’est pas indifférente. Toute terre dont la préparation s’éloignera de celle dont on a parlé ci-dessus, ne vaut absolument rien pour la pépinière. 1º. Les graines périront en terre, si elle est trop compacte, ou si le fumier n’est pas pourri & très-consommé. 2º. De l’excellence de la terre, dépend la beauté de la fleur qu’on attend. Cependant, malgré ces précautions, il arrive quelquefois qu’une planche entière, conduite avec soin, ne produit que des anemones simples, & ordinairement plus belles que celles dont la semence a été tirée. Les amateurs ont employé plusieurs moyens mécaniques, afin d’obtenir une plus grande quantité de fleurs doubles ; d’autres ont consulté les phases de la lune, &c. & ces tentatives ont été aussi infructueuses les unes que les autres. Tant que l’homme ignorera le secret de la nature, & comment il est possible de rendre neutre une graine lors de sa végétation, on perdra beaucoup de tems en expériences : cependant ce qu’on nomme hasard sert quelquefois utilement, & une planche fournira plusieurs fleurs doubles, tandis que la planche voisine, toutes les circonstances étant égales, ne donnera que des fleurs simples. Il faut beaucoup semer, bien choisir la graine, en avoir le plus grand soin dans la pépinière, & attendre patiemment le résultat.

Le terrain de la planche destinée au semis, sera parfaitement émietté & nivelé.

Comme la graine de l’anemone