Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/662

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La jurisprudence varie dans les provinces relativement à la distance qu’on doit observer lorsqu’on plante un arbre près du champ du voisin. Elle est fixée dans les unes à sept pieds, dans les autres à neuf. La loi a confédéré trop génériquement le mot Arbre. Le noyer, à cause de ses branches, l’ormeau, le mûrier, par rapport à leurs racines, devroient être plantés au moins à vingt pieds de distance de la ligne de séparation. En général, un pied & demi suffit pour les haies.


Arbre de délit, encroué, en estant, en lisière, retenu, ou de réserve. (Voyez le mot Forêt)


Arbre de Judée, ou Gainier. M. Tournefort place cet arbre dans la première section de la vingt-deuxième classe, qui comprend les arbres à fleur papilionnacée, qui ont les feuilles seules & alternes ou verticillées autour des branches, & il l’appelle siliquastrum. M. le chevalier Von Linné le nomme cercis siliquastrum, & le classe dans la décandrie monogynie.

Fleur. Le calice court, d’une seule pièce, renflé par le bas, & divisé en cinq. La fleur imite les papilionnacées, & en diffère par la disposition des étamines & du pistil. Elle est composée de cinq pétales. Son étendard est ovale, terminé par une pointe obtuse, attaché sous les ailes ; les ailes relevées, plus longues que l’étendard, attachées au calice par de longs appendices ; la carenne composée de deux pétales rapprochés, large, renfermant les parties de la génération. Les étamines au nombre de dix, dont quatre sont plus longues que les autres, & elles ne sont point réunies par leur filet. Ses fleurs paroissent avant les feuilles.

Fruit. Légume oblong, large, aigu, & à une seule loge. Les semences sont ovales, attachées à la suture supérieure.

Feuilles, portées sur des pétioles assez longs. Elles sont très-entières, en forme de cœur arrondi, grandes, fermes, lisses & d’un beau verd.

Racine, ligneuse.

Port. L’arbre est de moyenne grandeur ; son écorce est purpurine, noirâtre ; le bois cassant, coloré ; il jette beaucoup de rameaux. Les fleurs sont pourpres ou blanches, ou couleur de chair, suivant les individus ; elles naissent des aisselles des feuilles, disposées en grappes à l’extrémité des branches, & quelques-unes sur les tiges mêmes : les feuilles sont placées alternativement sur les branches.

Lieu. L’Espagne, l’Italie, le midi de la France : il fleurit au premier printems.

Propriété. Le goût du fruit est doux, aigrelet ; il est rafraîchissant, astringent : les semences sont, dit-on ophtalmiques, & le tout, rarement employé en médecine. Son bois, veiné de verd & de noir, & qui prend un beau poli, peut être employé utilement pour la marqueterie.

Il existe un autre gainier du Canada qui diffère du premier par ses feuilles velues.

Cet arbre mérite une place distinguée dans les bosquets, soit du printems, à cause du coup d’œil agréable qu’offrent ses fleurs, soit d’été, par le beau verd & le nom-