Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/728

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chercher à exprimer ce que chaque partie produit isolément ; il doit être en état de faire sentir les différens objets dont il a levé le plan. Quelques notions de dessin le mettront à même d’exécuter avec facilité tout ce qu’il entreprendra. Un détail circonstancié de cette partie de l’arpentage nous mèneroit trop loin ; on peut consulter les livres qui traitent du dessin : mais pour la commodité de ceux qui voudront travailler d’après les préceptes que nous avons donnés, & qui au simple trait voudroient joindre ou le dessin ou les couleurs, nous ne pouvons nous dispenser de donner les détails suivans.

L’encre dont on se sert communément est l’encre de la Chine délayée dans de l’eau. Les couleurs seules nécessaires sont le carmin, la gomme-gutte, le verd de vessie, le verd d’eau & le bleu : avec elles & l’encre de la Chine, on peut représenter toutes les productions d’un pays. On délaye ces couleurs avec un peu d’eau nette, dans laquelle on a fait dissoudre un peu de gomme arabique. L’encre de la Chine, la gomme-gutte, le verd de vessie & le verd d’eau se débitent chez les épiciers tout préparés ; le carmin, le bleu sont les seules couleurs qu’il faut gommer soi-même, en les broyant & les mêlant bien avec de l’eau gommée jusqu’à ce qu’elles fassent une pâte. Lorsque l’on veut s’en servir, on en délaye avec un peu d’eau nette, & on la verse dans un autre vase ou on lui donne la force nécessaire.

Chaque objet demande sa couleur particulière ; les montagnes, les rochers & les carrières se font avec autant de carmin que de gomme-gutte & un peu d’encre de la Chine ; les ravins, les chemins creux, les encaissemens comportent encore la même couleur. Pour le trait du dessin, voyez les figures gravées Planche 21, pag. 678.

Les chemins, digues & chaussées se représentent avec des ombres coupées d’encre de la Chine pâle au dehors des chemins ; & le long de leurs parties opposées, on peut y substituer un peu de verd adouci. Le fond des chemins étant de couleur rousse, il convient d’en mettre une teinte fort légère entre les lignes qui déterminent la largeur ; ordinairement les chemins royaux, les digues & les chauffées se tracent par des lignes d’encre de la Chine parallèles.

On fait sentir les talus qui bordent les canaux, les rigoles & les fossés, avec de la couleur des montagnes mêlée de verd.

Les rivières, les canaux, les étangs, en général toute masse d’eau, se font avec du verd d’eau ; & dans leur intérieur, une petite ombre coupée d’encre de la Chine le long de leur bord opposé au jour, fait sentir la profondeur de la surface qui contient l’eau. La direction du cours de l’eau est indiquée ordinairement par une flèche dont la pointe est tournée du côté où se porte la pente de l’eau.

Les prés, gazons, boulingrins, pâtures, &c. tout terrain couvert d’herbes, se font avec de la couleur d’eau & de la gomme gutte mêlées ensemble, pour avoir une teinte verte plus ou moins foncée ; on en met une couche avec un pinceau