Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/166

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partage le légume terminé par une pointe, & qui renferme plusieurs semences en forme de rein K.

Feuilles, ailées, portées sur un long pétiole, souvent terminé par un filet ; les folioles sont velues.

Port ; tiges velues, rameuses, formant une espèce d’arbrisseau ; les feuilles naissent le long des tiges, disposées en rond, & alternativement ; lorsque les feuilles sont tombées, les pétioles subsistent & ils sont comme épineux.

Lieu. Les pays méridionaux, la Syrie, dans les Échelles du Levant, très-commune dans la Basse-Provence.

Propriétés. Les auteurs ne sont pas d’accord sur ses vertus ; on la regarde cependant en général comme rafraîchissante, & quelques-uns lui attribuent les mêmes usages qu’à la racine de la grande consoude. (Voyez ce mot)

Usage. La gomme qu’on retire de ce petit arbrisseau est un objet de commerce ; & pour peu qu’on prît la peine de le cultiver dans la Basse-Provence & dans le Bas-Languedoc, on se passeroit aisément de celle qui est importée d’Alep en France par la voie de Marseille. Dans le tems des grandes chaleurs, en Juin, Juillet, &c. le suc nourricier s’épaissit, fait crever les vaisseaux qui le contenoient ; alors ce suc coule sur les tiges, les branches, & surtout s’accumule dans les interstices qui se trouvent entre les épines & les tiges ; là, il se coagule & se durcit sous la forme d’un vermisseau, souvent de plus d’un pouce de longueur sur une ligne d’épaisseur.

La bonne gomme du commerce doit être luisante, légère, blanche, très-nette, sans goût & sans odeur ; celle dont la couleur est noirâtre, jaune, chargée d’ordure, doit être rejetée.

Lorsqu’on veut réduire en poudre cette gomme, il faut que le mortier soit chaud ; si on la fait fondre dans l’eau, elle se gonfle, forme une espèce de gelée un peu transparente & luisante ; elle est fort employée en pharmacie pour donner du corps aux poudres qu’on veut rassembler en pillules ; la gomme arabique produiroit le même effet.

On mêle cette gomme avec le lait pour faire des crêmes, & on peut la substituer aux blancs-d’œufs ; la colle de farine, mêlée avec cette gomme dissoute dans l’eau, est plus tenace.

Cette gomme est regardée comme humectante, rafraîchissante, incrassante ; on la prescrit pour adoucir l’acrimonie des humeurs, contre la toux, les douleurs de colique, dans la maigreur, le marasme occasionnés par l’appauvrissement du sang, &c. tout cela est fort douteux.


BARBEAU. (Voyez Bluet)


BARBILLON. (Voyez Barbe)


BARDANE, ou Glouteron. (Pl. 2, pag. 113.) M. Tournefort la place dans la seconde section de la douzième classe, qui comprend les herbes à fleur à fleurons, qui laisse après elle des semences aigretées, & il l’appelle, d’après Bauhin, lappa major, arctium dioscoridis, M. le ch. von Linné la classe dans la polygamie syngénésie égale, & la nomme arctium lappa.

Fleur, composée de fleurons her-