Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/188

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dix sols par paire de mules ; on donne en avoine environ la valeur de cinq sols, & la nourriture du conducteur est estimée quinze sols ; la dépense est donc de cent dix sols. Si le conducteur fait aller, deux, trois ou quatre paires de mules, ces dernières paires ne coûtent plus chacune que quatre livres quinze sols ; ainsi quarante septiers de blé à dépiquer coûtent dix-neuf livres quinze sols. À présent que chacun calcule si la même somme employée en journées d’hommes produiroit autant ou moins de blé battu. Le dépiquage laisse beaucoup plus de grains dans l’épi que le battage ; c’est un fait constant, sur-tout dans les années pluvieuses, & lorsque le grain n’est pas parfaitement sec & bien nourri. Un de mes voisins a abandonné cette méthode pour s’en tenir à celle du fléau, & il y trouve mieux son compte. Un second avantage du fléau résulte de la facilité avec laquelle on sépare la paille entière du grain & de la balle ; au lieu qu’après le dépiquage, il faut manier deux ou trois fois à la fourche la même paille.

Pour autoriser le dépiquage, on dit que la paille est toute hachée, que les animaux la mangent avec plus de plaisir ; le même voisin dont je viens de parler assure qu’ils mangent la paille longue avec le même appétit, & je puis assurer que les animaux en perdent moins. Je n’ai pas encore pu faire ces observations & ces comparaisons par moi-même : j’en rendrai compte dans un des volumes suivans, & s’il est possible au mot Froment. Ce qu’il y a encore de très-constant, c’est que le seigle ne se dépique pas aussi facilement que le blé.


BATTANS. On appelle ainsi les deux vulves ou panneaux qui forment les siliques. (Voyez ce mot)


BATTE. En terme de jardinier, est une sorte de maillet de bois plat & serré, & garni d’un long manche. La seconde espèce de batte, particuliérement consacrée à battre les allées & l’aire, (Voyez l’article précédent) est un morceau de bois long d’un pied & demi, épais de six pouces & large de huit à neuf, & il est emmanché diagonalement dans le milieu. (Voyez sa forme dans la gravure qui accompagne le mot Outils de jardinage)


BATTE-BEURRE. (Voyez Baratte)


BATTEMENT DE CŒUR. (Voyez Cœur)


BATTEMENT DE FLANC. (Voyez Flanc)


BATTEUR. Valet ou manouvrier qui bat le blé exposé à l’air ou en grange, en été ou en hiver. Dans la majeure partie du royaume, ce sont les habitans de la montagne qui viennent lever la récolte dans la plaine. Si c’est en été, ils ont le tems de couper, battre, nettoyer le grain, le porter au grenier avant que leur récolte soit mûre. À quel prix & avec quelle peine ces pauvres malheureux n’achètent-ils pas le salaire qu’on leur donne ! S’ils prennent à prix fait, soit en argent, soit en grain, ils reçoivent peu, & souvent ils trouvent à peine leur nour-