Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/216

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& dont le manche est plus court. La béquille a pris ce nom, dit M. Roger de Schabol, parce que jadis, au bout de son manche, il y avoit un morceau de bois en travers, posé comme celui qui forme une béquille. Quelques jardiniers ont conservé jusqu’à présent cette forme de manche, qui embarrasse plus qu’elle ne sert.


BÉQUILLON. Terme de fleuriste, pour désigner les feuilles étroites qui remplissent le disque des fleurs des anemones, & en forment la peluche. (Voyez Anemone)


BERCE, ou Fausse Branc-Ursine, ou Patte d’Oie. (Pl. 6, pag. 197.) M. Tournefort la place dans la cinquième section de la septième classe, qui comprend les herbes à fleurs en rose, disposées en ombelle, dont le calice devient un fruit composé de deux semences aplaties, & d’une grosseur considérable ; il l’appelle sphondysium vulgare hirsutum. M. le chevalier von Linné la nomme heracleum sphondylium, & la classe dans la pentandrie dyginie.

Fleurs, en forme de rose, disposées en ombelle, & composées de cinq pétales. Les pétales du disque des ombelles, sont recourbés ; ceux des fleurs de la circonférence, dont une est représentée en B, sont grands & divisés en deux, C. L’enveloppe de l’ombelle générale, est quelquefois composée de deux à cinq feuilles, & quelquefois il n’y en a point. L’enveloppe de l’ombelle partielle, est composée de cinq à huit feuilles menues & linéaires. Les étamines sont au nombre de cinq, B ; & le pistil E est composé de l’ovaire, de deux stiles cylindriques, & de deux stigmates. Le pistil fait corps avec le calice qui l’accompagne jusqu’à la maturité ; il est représenté en D.

Fruit. Après la fécondation, le pistil devient un fruit F, qui se sépare en deux semences G, & vues séparées l’une de l’autre en HI. Ces deux semences sont ovales, aplaties & feuillées.

Feuilles. Celles du bas de la tige, ainsi que celles de la tige, l’embrassent par leur base membraneuse ; elles sont ailées, larges, découpées irréguliérement, & quelquefois on voit depuis un jusqu’à trois rangs de feuilles, sur le même pétiole commun, mais toujours terminé par une impaire. C’est de la configuration de ces feuilles, qu’elle a tiré le nom de patte d’oie.

Racine A, en forme de fuseau, charnue, jaune en dehors, remplie d’un suc jaunâtre.

Lieu. Le bord des bois, des prés ; elle subsiste pendant deux ans.

Port. Tige de trois ou quatre pieds, droite, ronde, noueuse, velue, creuse, rameuse ; l’ombelle naît au sommet, & les feuilles sont placées alternativement sur les tiges.

Propriété. Le suc de la racine a un goût âcre & un peu amer ; les semences ont une odeur désagréable ; les feuilles sont émollientes ; les racines & les semences sont incisives, apéritives, carminatives, & antispasmodiques.

Usages. On se sert de l’herbe & des semences seulement en décoction pour les bains, les lavemens & fomentations, ou en cataplasmes.