Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/330

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


bluteau : on ménage une ouverture dans le plancher ; on y pratique un couloir, soit avec des planches, soit avec de la toile, qui laisse tomber la farine dans la trémie B. Si le couloir est en bois, son extrémité inférieure est bouchée par une tirette ou coulisse qu’on ouvre & ferme à volonté ; elle sert à ne laisser couler à la fois, que la quantité suffisante de farine qui doit entrer dans le bluteau. Si au contraire le couloir est de toile, une simple ficelle suffit pour le fermer. La trémie elle-même peut être garnie d’une tirette à sa base. Lorsque le grain est versé dans la trémie, il coule dans le cylindre qui est en plan incliné ; alors on le fait tourner avec la manivelle F, & sa pente détermine la farine à passer de l’étamine la plus fine sur l’étamine la plus grossière ; enfin, le son tombe par l’ouverture D, & quelquefois contient une cinquième case plus grande que les autres pour le recevoir, ou bien on attache un sac à cette ouverture, qui le reçoit.

Si c’est un bluteau à grains, tel qu’il est représenté ici, les cases sont inutiles. Le grain, dans son trajet, est fortement gratté toutes les fois qu’il rencontre alternativement la tôle piquée. La poussière & les mauvais grains s’échappent par les cribles de fil d’archal, & le grain en sortant, est clair & brillant. Ce crible est surtout excellent pour nettoyer les grains niellés, charbonnés ou mouchetés. Les meilleurs cribles en ce genre, sont ceux qui ont le plus grand diamètre. Ainsi on peut leur donner jusqu’à trois pieds.

2°. Du bluteau composé, ou crible à vent. J’ignore pourquoi on appelle crible l’instrument dont on parle ; il s’éloigne de l’idée ordinaire qu’on a du crible ; c’est pourquoi j’en parle au mot Bluteau, sauf à le rappeler au mot Crible. M. Duhamel, ce travailleur infatigable, & à qui le public doit la plus grande reconnoissance pour son Traité de la conservation des grains, en a donné une très-bonne description ; & c’est ce qu’on connoît de mieux en ce genre. C’est d’après lui que le bluteau à vent sera décrit ; il ne sert que pour le grain. On met comme aux autres, le grain dans une trémie A (Fig. 2) ; il en sort par une ouverture B, (Fig. 4 & 7) qu’on rend plus ou moins grande, en ouvrant plus ou moins une porte à coulisse C, (Fig. 7) ce qui s’exécute aisément en tournant un petit cylindre D, même Figure, placé au-dessus, autour duquel se trouve une petite ficelle qui répond à la petite porte.

Au sortir de la trémie, le froment se répand sur un crible E, (Fig. 5) qui est fait par des mailles de fil de laiton, assez larges pour que le bon froment y puisse passer. Les grains avortés, & la plupart des charbonnés, passent avec le bon froment, & sont chassés vers F, (Fig. 2 & 4) par le courant d’air ont on parlera dans la suite.

Ce crible est reçu dans un châssis léger de menuiserie G, (Fig. 5) & bordé des deux côtés & au fond, par des planches minces HH.

On fait ensorte que le crible E penche un peu par le devant ; & comme cette circonstance fait que le froment coule plus ou moins vîte, on est maître de régler convenablement