Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/369

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général des finances s’adressât aux intendans, & ceux-ci à leurs subdélégués. On parviendroit, par ce moyen, à avoir des renseignemens non équivoques, si on avoit, préalablement bien motivé la demande.

Sur les mesures de celui de Paris, chacun pourra évaluer celui de son canton. Le boisseau de Paris doit avoir huit pouces & deux lignes & demie de haut, & dix pouces de diamètre ; le demi-boisseau, six pouces cinq lignes de haut sur huit pouces de diamètre ; le quart de boisseau doit avoir quatre pouces neuf lignes de haut & six pouces neuf lignes de large ; le demi-quart, quatre pouces trois lignes de haut & cinq pouces de diamètre. Le litron doit avoir trois pouces & demi de haut & trois pouces & demi de diamètre ; & le demi-litron, deux pouces dix lignes de haut sur trois pouces une ligne de large. Trois boisseaux font un minot ; six sont une mine ; douze, un septier ; & cent quarante-quatre, un muid.

Les mesures d’avoine sont doubles de celles des autres graines ; de sorte que vingt-quatre boisseaux d’avoine font un septier, & deux cents quarante-huit, un muid. On divise le boisseau d’avoine en quatre picotins, & le picotin en deux demi-quarts ou quatre litrons. Quatre boisseaux de sel font un minot ; & six, un septier. Huit boisseaux font un minot de charbon ; seize, une mine ; & trois cents, vingt-un muids. Trois boisseaux de chaux font un minot, & quarante-huit minots font un muid.

La farine, le blé & la plupart des grains se mesurent à boisseau ras & sans grain sur bord.


BOISSELÉE. Mesure de terre, usitée dans quelques provinces. Elle consiste en autant de terre qu’il en faut pour employer la quantité de grain que peut contenir un boisseau, Les huit boisselées font environ un arpent de Paris. Il en est de la boisselée comme de la bicherée. (Voyez ce mot) Elle n’offre rien d’assez déterminé, si on se fixe sur la quantité de grain qu’on peut semer. En effet, tel terrain exige d’être semé plus épais qu’un autre ; & tel métayer, soit par habitude ou par d’autres raisons, jettera sur un champ, par exemple, dix mesures de grain, tandis qu’un autre n’en jettera que huit ou neuf. Cependant c’est la semaille qui a déterminé ces mesures de terre, & de-là cette bigarrure relative aux coutumes des provinces & des cantons. Enfin l’arpentage est venu au secours, & la mesure de terre a été déterminée par pieds. Comme le pied-de-roi est une mesure reconnue dans tout le royaume, il seroit facile de prescrire une manière invariable pour la division & le mesurage des terres de tout le royaume.

Ce que l’on dit des mesures, doit s’appliquer aux poids. Le poids de marc est celui qui offre des divisions plus justes & plus simples, & tout ce qui est vendu au nom du roi, l’est sous ce poids ; tels le tabac, le sel, &c. Cette réforme n’effrayeroit donc pas les esprits, puisqu’ils y sont déjà accoutumés relativement à des objets d’une consommation journalière. Les différens poids, les différentes mesures favorisent la