Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/38

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possible, de plantes herbacées, de joncs, &c. qui seront disposés par lits, entre chacun desquels vous placerez alternativement un lit de sable & un lit de bonne terre franche ; la proportion du sable & de la terre est d’un quart pour chacun. Si on peut ajouter un peu de fumier sortant de l’écurie, ce sera encore mieux. Laissez ce monceau fermenter pendant tout l’été, & lorsque vous jugerez que les herbes seront bien pourries, passez le tout à la claie, afin de bien mélanger les parties ; relevez le tout en pyramide, & couvrez avec de la paille longue, afin que les pluies ne délavent pas cette terre, & n’entraînent pas les sucs qu’elle contient. Dès le commencement de Février ou de Mars, suivant la température du climat, faites-la porter dans l’endroit où vous voulez former la pépinière. Le terrain du dessous doit auparavant avoir été bêché à fond, c’est-à-dire, la terre remuée & retournée de huit à dix pouces de profondeur. Si vous avez du fumier long & pailleux, il est bon d’en couvrir la surface avant de travailler. Enterré par le labour, il tient la terre mieux divisée, & laisse un plus libre écoulement à l’eau des pluies. Sur cette terre, jetez celle que vous avez préparée, & semez. C’est de la bonté de cette première terre que dépend, par la suite, le bel accroissement de la plante.

M. Fillassier, dans son Traité de la culture de la grosse Asperge, dit : « Si vous voulez qu’un plant soit convenablement conditionné, il doit avoir été élevé dans une terre substantielle, fraîche & légère, qui n’ait point été fumée, ni avant, ni après le semis de la graine. » Je ne vois pas trop sur quoi cette opinion est fondée, puisque cet auteur recommande ensuite l’usage de certains fumiers pour le terrain qui recevra le plant. Ne vaudroit-il pas mieux que tous deux fussent égaux ? la plante ne souffriroit pas du changement de nourriture. Voyez le mot Pépinière, afin d’éviter des détails qui seroient ici superflus.

IV. Du tems, & de la manière de semer. Le climat décide le moment. Dans les provinces méridionales, c’est au mois de Février ; dans celles du nord, à la fin de Mars, ou au commencement d’Avril.

Il y a deux manières de semer, ou à la volée, ou par raie, après s’être assuré de la bonté de la graine.

En semant à la volée, on couvre la planche avec les graines, & autant que faire se peut, également partout. On ne se repent jamais d’avoir semé trop clair, & toujours d’avoir semé trop épais.

La méthode de semer par raie est plus sure : on espace les graines plus réguliérement, & leur disposition sur une ligne droite permet d’arracher plus facilement les mauvaises herbes sans nuire aux jeunes plantes, & de leur donner de tems à autre de petits labours très-avantageux. Les raies doivent être espacées de dix à douze pouces, & chaque graine de six pouces. La profondeur de la raie sera de deux pouces au moins, de trois au plus, & lorsqu’on aura semé, on la remplira avec la terre jetée sur les côtés. Le tout sera recouvert avec du fumier léger & pailleux, afin