Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/387

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la botanique a de plus précieux & de plus exact, & ont amené les siècles heureux, où elle est devenue une science complète & digne de fixer entièrement l’attention de l’homme qui cherche à s’instruire. On vit de tous côtés se former des jardins botaniques où l’on rassembloit & cultivoit des plantes que les quatre parties du monde sembloient apporter en tribut.

Les deux plus fameux, comme les deux plus anciens, sont sans contredit ceux de Suéde & de Paris. Rudbek, célèbre botaniste suédois, fut le père & le fondateur de celui de Stockholm ; il y établit des démonstrations, on y accourut, on se plut à l’entendre. Le roi de Suéde encouragea ces commencemens ; ce jardin s’agrandit insensiblement, il est devenu à présent un lieu de délices sous la direction du fameux Linné ; mais son principal mérite est d’y avoir vu naître son systême.

François premier, père des lettres, aima & cultiva les sciences ; les plantes l’occupèrent & l’amusèrent souvent. Henri IV eut un jardin considérable, dont il confia le soin à Jean Robin, qui l’enrichit d’un grand nombre de plantes très-rares. Louis XIII accorda à M. de la Brosse, son médecin, l’établissement d’un jardin de botanique dans le fauxbourg S. Victor ; ce médecin en fut le fondateur & l’intendant. En 1640, on commença à y faire des leçons publiques de botanique ; Vespasien Robin en fut le démonstrateur. Après la mort de M. de la Brosse, ce jardin fut négligé jusqu’à. M. Fagon, qui s’attacha à lui donner un nouveau lustre, comme au lieu qui l’avoit vu naître. Ce fut de son tems que des voyageurs botanistes furent envoyés dans différentes régions, pour ramasser & apporter en France toutes les plantes étrangères qu’ils pourroient trouver. M. Fagon lui-même parcourut le Languedoc, les Alpes & les Pyrénées ; le père Plumier fut envoyé en Amérique. M. Tournefort visita successivement les montagnes de Dauphiné, de la Savoie, de la Catalogne, les Pyrénées, l’Espagne, le Portugal, la Hollande, l’Angleterre, la Grèce, & une partie de l’Asie & de l’Afrique ; enfin chargé de richesses, il vint déposer au jardin du roi 1356 nouvelles espèces de plantes.

Ce jardin immense après avoir passé entre les mains de M. Dufay qui en fut un des plus zélés restaurateurs, est actuellement sous la direction de M. le comte de Buffon. Les plantes sont confiées aux soins de M. Thouin qui joint à plusieurs qualités intéressantes, une connoissance très-étendue de la botanique & de la culture des plantes ; enfin depuis long-temps l’instruction & la démonstration, sont entre les mains de MM. de Jussieu & le Monnier. Il étoit difficile de réunir autant de grands hommes & de savans pour concourir également à la perfection de ce jardin de botanique.

IV. Nombre de plantes connues. Cette science immense par les détails, porte ses regards sur tous les végétaux qui peuplent la terre. Quelques grands que soient les jardins les plus considérables, ils ne renferment pas le quart de celles qui sont connues ; que sera-ce, si nous comptons celles qui peuplent les pays qui n’ont point encore été