Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/432

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reprocher ce défaut. Le cheval qui s’entre-taille s’atteint toujours au même endroit ; de-là la chûte du poil & l’atteinte. (Voy. Atteinte) Celui qui s’attrape, se frappe au contraire en différens lieux ; & la partie atteinte n’étant pas toujours la même, il n’y a aucune impression apparente du coup : selon l’endroit où il a porté, l’animal boite dès le premier pas qu’il fait, & la claudication cesse après qu’il en a fait quelques autres. Quand il est las, il bronche en s’attrapant ; il tombe même, s’il chemine avec vîtesse ou s’il galoppe. Ce défaut, qui est une preuve d’une foiblesse naturelle, & qui provient d’une mauvaise action des jambes qui se croisent sans cesse, doit faire rejeter un cheval, parce que ce vice tient à sa constitution, & qu’il est irréparable. M. T.


BOULETÉ. Nous entendons par cheval bouleté, celui dont le tendon fléchisseur du boulet a souffert & s’est retiré, & quelquefois celui dont le tendon extenseur du pied s’est relâché.

Cette maladie arrive aux chevaux de tirage & de labour, à la suite d’un travail forcé, mais principalement de la ferrure. Un cheval, par exemple, auquel on aura mis des fers longs à fortes éponges, & dont on aura paré la fourchette, y est très-exposé, parce que le tendon fléchisseur de l’os du pied étant toujours obligé de porter à terre, d’être tendu, est nécessairement obligé à tenir le paturon droit sur l’os coronaire ; & successivement, avec le tems, de porter la partie supérieure de cet os en avant.

Il est possible de remédier à ce mal dans le commencement, par la ferrure qui convient au cheval bouleté, ou qui se boulette. (Voyez Ferrure) M. T.


BOULINGRIN. Mot emprunté de l’anglois, & francisé, pour désigner un terrain semé avec de l’herbe fine très-serrée, que l’on coupe plusieurs fois dans l’année, & sur laquelle on fait aussitôt après passer un rouleau de pierre, afin de tenir le terrain aplati, & même quelquefois sur l’herbe : en un mot, tout tapis vert forme le boulingrin, surtout s’il est arrondi, pour répondre à la signification du mot anglois, composé de deux mots ; savoir, de bowlin, qui veut dire rond ; & gréen, qui signifie pré, verdure. En France, le mot boulingrin a une signification différente : on nomme ainsi certains renfoncemens & glacis couverts en gazons. La forme de ces renfoncemens & des glacis qui les accompagnent, varient suivant la main qui les trace. Souvent la superficie de ces renfoncemens est coupée par de petits sentiers sablés de différentes couleurs, & formant des compartimens. Ce genre de décoration suppose un pays où les chaleurs sont peu fortes, les pluies ou l’humidité assez abondantes, & il est presque impossible d’en former dans les provinces méridionales du royaume.

Les boulingrins sont simples ou composés. Les simples sont tout en gazons ; les composés sont ceux garnis de sentiers, de plattes-bandes, & les plattes-bandes enrichies de fleurs, d’arbustes. Leur véritable place est dans les bosquets, au milieu d’une forêt, dans un parc,