Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/462

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nier d’inde, il est naturellement très-gros, & offre même à la vue simple les parties dont il est composé. Nous rie ferons qu’y ajouter les observations que nous avons faites en particulier.

La figure 25 représente l’extrémité d’une jeune branche de marronnier d’inde, terminée par un bouton. On y remarque les écailles ou enveloppes A, qui se recouvrent mutuellement les unes les autres ; c’est à travers les interfaces de leur réunion, que découle ce suc épais & visqueux qui suinte de leurs pores : au-dessous est la marque BD de l’insertion de l’ancienne feuille de l’année précédente ; elle est triangulaire & porte sept points noirs qui indiquent les fibres ligneuses qui se distribuoient de la tige à cette feuille. Si l’on coupe ce bouton & la branche qui le supporte suivant leur longueur, on verra facilement comment toutes les parties sont arrangées réciproquement. (Fig. 26) On distingue d’abord au centre la moelle ABC ; elle est blanche depuis A jusqu’en B ; mais depuis B jusqu’en C, elle est verte. En DD, on retrouve une substance ligneuse, ou le bois proprement dit, qui paroît recouvrir la moelle en C, mais qui cependant laisse passer quelque production médullaire jusqu’en E, le germe de la branche. Le tout est recouvert de l’écorce HHFF, qui donne naissance aux enveloppes écailleuses du bouton GG. Ces enveloppes deviennent d’autant plus minces, qu’elles se rapprochent plus du centre. Après ces enveloppes, on apperçoit le duvet épais HHH, qui garnit l’intervalle entre les écailles & le germe ; enfin, au centre est ce germe E, composé de plusieurs feuilles artistement repliées sur elles-mêmes, & les unes dans les autres. Chacun de leurs piés est garni de duvet, au point qu’il est très-difficile de les séparer & de les développer pour les examiner. Lorsque le bouton s’ouvre, ce duvet accompagne ces feuilles durant quelque tems.

D’après le développement du bouton du marronnier d’inde, on peut aisément deviner l’organisation de ceux des autres arbres ; & en y joignant celui du pêcher, pour les arbres à fruit, on n’aura presque rien à desirer. Nous en aurons encore l’obligation à M. Duhamel, cet excellent & infatigable observateur. C’est dans le mois de Février, tems où les boutons de cet arbre commencent à pousser vigoureusement, qu’il en examina un bouton. Après en avoir enlevé toutes les enveloppes écailleuses figurées en cueilleron, il apperçut plusieurs filets étroits de couleur verte, rangés en spirale. Après avoir détaché quelques-uns de ces filets, il les observa au microscope, qui lui fit appercevoir qu’ils étoient dentelés par les bords & hérissés de poils. Il croit aussi les avoir apperçus pliés en deux, (& il ne se trompe pas ; car non-seulement ils m’ont paru tels, mais je suis venu à bout de les développer.) Il détacha ensuite tous ces filets, pour pouvoir examiner avec le microscope, un petit corps qu’il voyoit au centre. Il parut composé de deux petites feuilles pliées & dentelées par les bords & non garnies de poils. Il remarqua que ces petites feuilles étoient tout à fait au centre, & qu’elles parois-