Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/572

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maphrodites dans le disque, & de demi-fleurons à la circonférence. Chaque fleuron B est un tube menu à sa base, évasé à son extrémité, & divisé en cinq parties aiguës. Le demi-fleuron C est un tube court, terminé par une languette découpée en trois parties. Le calice commun D est hémisphérique, & ses écailles sont presque égales.

Fruit. Semences E, solitaires, oblongues, nues, placées sur un réceptacle conique, garni de lames.

Feuilles, composées, ailées, un peu velues, & adhérentes à la tige.

Racine A, rameuse, fibreuse.

Port. Tiges nombreuses, herbacées, foibles, penchées ; les fleurs naissent au sommet, seules, portées sur de longs péduncules ; les feuilles placées alternativement sur les tiges.

Lieu. Les campagnes d’Italie ; cultivée dans nos jardins, la plante est vivace ; fleurit en Juin & Juillet.

Propriétés. Elle est amère & aromatique au goût, agréable à l’odorat : elle est résolutive, fébrifuge, stomachique, carminative, vermifuge.

Usages. Les fleurs raniment les forces vitales & musculaires, particulièrement les forces musculaires de l’estomac, rétablissent l’appétit dépravé par des humeurs pituiteuses, calment les coliques venteuses, les coliques après l’accouchement ; suspendent le vomissement par les humeurs séreuses ou pituiteuses, diminuent les accès de la passion hystérique. On prescrit les fleurs séches, pulvérisées & tamisées, depuis quinze grains jusqu’à deux drachmes, incorporées avec un sirop, ou délayées dans cinq onces d’eau. Oh prescrit encore les fleurs sèches, depuis demi-drachme jusqu’à une once, en infusion dans six onces d’eau.

Si on distille l’herbe & les fleurs des camomille, on en retire une huile d’un beau blanc, qui, prise intérieurement, échauffe beaucoup & enflamme. Elle est indiquée en onction sur le ventre, pour appaiser les coliques venteuses, la suffocation hystérique. Elle produit rarement l’effet qu’on en attend.

Son eau distillée, quoique souvent recommandée, dissipe rarement les coliques venteuses des enfans. L’infusion des fleurs est préférable.

Après les épizooties putrides, après que les symptômes d’inflammation ont disparu, & qu’on n’en redoute plus le retour, l’usage de cette plante est très-utile aux animaux, mêlée en petite quantité avec leur fourrage, ou en infusion, qu’on leur donne avec la corne.

On trouve dans nos campagnes, dans des champs, une autre plante nommée camomille ordinaire, qui diffère de la romaine par ses fleurs rassemblées en bouquet au haut des tiges, tandis que les autres sont solitaires. On peut l’employer aux mêmes usages.


CAMPANIFORME, Botanique. M. Tournefort a donné ce nom à une classe de fleurs simples, monopétales, régulières, dont toutes les parties de la corolle sont coupées uniformément, & placées à égale distance d’un centre commun, de manière qu’elles affectent une figure symétrique & régulière dans