Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/573

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leur contour, imitant une cloche. (Voyez aux mots Corolle & Fleurs, le dessin d’une fleur campaniforme). Dans chaque fleur campaniforme, on distingue trois parties : l’entrée, c’est le côté le plus évasé ; le corps ; & le fond, c’est celui par lequel la fleur adhère au calice. Elles varient par rapport à leur figure ; & cette variété a fourni plusieurs sections à M. Tournefort pour sa première classe ; les campaniformes proprement dites, qui sont à peu près également égalées dans toutes leurs parties, comme la mandragore, la bella-dona ; les campaniformes tabulées ont le corps plus alongé & le fond plus étroit ; les évasées ont le fond beaucoup plus étroit que l’entrée ; celles enfin que l’on nomme en grelot, ont l’entrée plus étroite que le corps & le fond, comme la bruyère. M. M.


CAMPHRE. Substance qu’on retire d’une espèce de laurier qui croît en Chine, & que les hollandois seuls savent raffiner. C’est un des meilleurs remèdes connus dans la médecine humaine & vétérinaire. Le camphre est léger, blanc, transparent, d’une odeur aromatique très-forte, d’une saveur âcre, légèrement amère, laissant un sentiment de fraîcheur dans la bouche ; insoluble dans l’eau, soluble dans l’esprit-de-vin, les jaunes d’œufs, les huiles, les graines, les acides minéraux & la bile ; peu soluble dans le vin & dans le vinaigre, se dissipant entièrement par le seul contact de l’air libre ; très-inflammable, surnageant l’eau, & ne laissant après sa combustion, ni fumée, ni charbon.

Propriétés. Le camphre échauffe, il favorise souvent l’expectoration & le cours des urines ; cause quelquefois le hoquet pendant cinq où six secondes ; rend le pouls plus concentré & plus fréquent ; cause une espèce d’ivresse, & quelquefois des mouvemens convulsifs. Il est indiqué dans la péripneumonïe essentielle, depuis le troisième jusqu’au sixième jour. Des praticiens célèbres l’associent dans ce cas, tantôt avec le double de son poids de nitre, tantôt avec moitié de son poids de kermès minéral, tantôt avec le nitre & le kermès minéral ensemble, suivant l’indication ;… dans plusieurs espèces de fièvres inflammatoires, vulgairement nommées malignes, & de fièvres dites putrides, avec abattement de forces vitales ;… intérieurement & extérieurement, dans la colique néphretique spasmodique ;… dans la colique par les mouches cantharides ; plusieurs le regardent, avec raison, comme le correctif de ce poison. ;… dans les maladies causées par l’air infect des prisons, des hôpitaux.

L’observation rejette son usage, 1°. dans la plupart des maladies convulsives, accompagnées de vives douleurs de tête ; 2°. dans toute espèce de maladie où le sang se porte vers la tête avec trop d’impétuosité ; 3°. au commencement des maladies inflammatoires, particulièrement de celles du foie, de l’estomac, des intestins ; 4°. dans le plus grand nombre des maladies de rétention ; 5°. dans les fièvres