Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/59

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encore mieux en délayant le suc, d’abord dans l’eau tiède qui dissout la partie gommeuse ; on filtre la liqueur ; ce qui reste sur le filtre est jeté dans l’esprit-de-vin bien déphlegmé ; il dissout la racine. On filtre encore de nouveau, & ce qui reste est l’addition des substances étrangères.

Lorsque les maréchaux emploieront l’assa fœtida pour vos bêtes, examinez-le auparavant. Le bon est en masse, rempli de larmes blanches, sec, d’un blanc jaunâtre quand il est coupé frais, se changeant peu de tems après en un beau rouge tirant sur le violet. Son odeur est semblable à celle de l’ail. Rejetez celui qui est gras, salé, rempli de terre, de même que le noir.

Il cause aux organes de la bouche une chaleur assez vive, fait beaucoup saliver, & réveille l’appétit de l’animal. On l’administre intérieurement sous forme de bol ; la dose est depuis demi-once jusqu’à deux onces pour le bœuf & le cheval. La manière de faire ce bol est de pulvériser l’assa fœtida, & de l’incorporer avec suffisante quantité de miel. La dose pour les brebis est depuis deux drachmes jusqu’à une once.

On l’emploie encore en mastigadour. (Voyez ce mot) À cet effet réduisez-le en poudre subtile, & enveloppez cette poudre d’un morceau de toile dont vous formerez un nouet. Attachez-le au mastigadour, ou à une espèce de mors.

Cette substance est très-utile pour dissiper les coliques venteuses, & dans la fourbure. (Voy. ce mot) Sans aucun fondement, plusieurs personnes ont avancé que l’assa fœtida purge la brebis ; qu’il corrige le mauvais effet des plantes vénéneuses, guérit les blessures faites par les bêtes venimeuses, les animaux enragés, & que sa vapeur s’oppose aux accès des retours épileptiques.

Ce remède est vraiment incisif & échauffant. On le présent quelquefois avec succès dans les suppressions du flux menstruel, des lochies, des pertes blanches, lorsque les feuilles de rue ou de sabine n’ont été d’aucune utilité.


ASSOUPISSANT. (Voyez Narcotique)


ASSOUPISSEMENT, Médecine Vétérinaire. Le cheval, le bœuf & le mouton, sont quelquefois atteints de ce mal. Nous en distinguons de deux espèces : l’un naturel, qui ne provient d’aucune indisposition interne. Il est occasionné par la fatigue, la grande chaleur, la pesanteur de l’atmosphère & autres causes semblables. Dans celui-ci, l’animal porte la tête basse ; il paroît comme endormi & mange lentement ; l’autre, qui naît de quelque dérangement ou vice de la machine, & que nous attribuons à toutes les causes qui empêchent les esprits de fluer & de refluer librement & en assez grande quantité, de la moelle du cerveau par les nerfs dans les organes des sens ; & des muscles qui obéissent à la volonté de ces organes, à l’origine de ces nerfs dans la moelle du cerveau. Ces causes sont toutes celles qui peuvent produire l’épaississement du sang & la pléthore, tels que le travail excessif, la longue exposition aux ardeurs du soleil, la trop