Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1783, tome 3.djvu/687

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Fig. 21. Représente une mâchoire de poulain âgé de trois ans, dont il y dents de lait de tombées, & les deux de cheval poussées, dont la première est plus avancée que la seconde. A, la seconde dent de lait étant sortie, mais moins avancée que la première ; B, la troisième dent de lait, ne tenant plus que par ses racines ; D, la sixième dent déjà fort avancée.

Fig. 22. Représente une mâchoire de poulain de quatre ans, dont la troisième dent molaire est tombée. A, troisième dent de cheval, débordant tant soit peu les alvéoles. L’on voit par-là que les trois dernières dents sont fort avancées, & même sorties, & cette dernière, avant que les trois premières de cheval soient sorties.


DENT DE LION. (Voyez Pissenlit.)


DÉPIQUAGE, DÉPIQUER. Expressions usitées dans plusieurs de nos provinces, & qui désignent l’action de séparer le grain de l’épi. (Voyez le mot Battage) Le mot dépiquer s’applique plus particulièrement à la manière de faire fouler la paille & les épis sous les pieds des animaux ; elle sert pour le froment. Cette opération ne peut avoir lieu, lorsqu’il s’agit du seigle, parce qu’il ne sort pas aussi facilement de sa balle que le froment. Il faut le battre au fléau & repasser au fléau la paille du froment.


DÉPLANTER. C’est ôter de terre un arbre, un arbrisseau, une plante, pour les planter ailleurs. Il se dit plus particulièrement des deux premiers. Que fait le jardinier ordinaire ? Il commence avec la pelle ou la bêche par enlever la terre tout autour du tronc de l’arbre. À une certaine profondeur il trouve des racines grosses & petites ; il les coupe à un pied de distance du tronc ; enfin, sentant que l’arbre n’est plus retenu dans la terre que par le pivot, il le coupe. Que d’absurdités dans cette opération ! Il falloit s’y prendre d’une manière tout opposée, plus longue à la vérité, mais conforme aux simples loix du bon sens.

À six pieds de l’arbre dont le tronc à deux pouces de diamètre, commencez la fouille. Si vous rencontrez des racines grosses ou petites, ménagez-les, suivez-les dans toute leur longueur, ne les mutilez ni ne les coupez point ; débarrassez-les de la terre qui les environne ; creusez jusqu’à ce que vous trouviez l’extrémité du pivot ; conservez, autant qu’il est possible, la masse de terre nommée motte par les jardiniers, si l’arbre ne doit pas être replanté dans un endroit bien éloigné : si au contraire, il doit voyager, dégagez toutes les racines de leur terre sans les endommager ; liez-les doucement les unes près des autres & enveloppez-les avec de la paille. Je sais bien que cette manière d’opérer ne sera pas du goût des marchands d’arbres, des jardiniers asservis à leur aveugle routine ; qu’ils la taxeront même de ridicule : leur approbation m’importe peu, j’ai l’expérience pour moi.

Lorsque je me suis retiré dans le domaine que j’habite actuellement, j’ai trouvé un grand nombre d’arbres nains plantés à six pieds l’un de l’autre ; ils avoient huit ans de plantation, & leur tronc étoit de trois à quatre pouces de diamètre. Je les ai fait déplanter avec les précautions indiquées ci-dessus, sans avoir la peine de ménager le pivot qu’on avoit eu la mal-adresse de couper dans la pépinière. Ils ont été plantés, taillés