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Lieu. Les terreins humides d’Allemagne.

TAMARISC De Narbonne. Tamariscus Narbonensis. Tourn. Tamariscus gallica. Lin. La fleur semblable à celle du précédent ; mais elle n’a que cinq étamines… Feuilles plus petites, plus menues, plus arrondies, moins épaisses… Racine, la même… L’écorce plus rude, grise en dehors, rougeâtre en dedans ; originaire des provinces méridionales de France.

Propriétés. La majeure partie de celles qu’on attribue à ces deux Tamarisc sont douteuses ; mais leur sel est avec raison regardé comme un puissant urinaire, & par conséquent très-estimé dans l’hydropisie causée par rétention d’humeur excrétoire.

Usages économiques. Avec son bois on fait des tasses pour boire ; il est facile de former des haies avec cet arbrisseau, en entrelaçant ses nombreuses branches. Le bétail, les troupeaux ne touchent pas à leurs feuilles. Après que les haies sont formées, il faut avoir soin de supprimer les drageons qui poussent des racines. Ces deux arbrisseaux figurent très-bien dans les massifs.


TAN, TANNÉE. La première dénomination désigne l’écorce du chêne, grossièrement pilée, & la seconde cette même écorce rangée & serrée fortement pour former une couche. (Consultez ce mot) Plus le tan est réduit en poudre fine, plus promptement il s’échauffe lorsqu’il contracte une certaine humidité. Il ne fermentera pas du tout si cette poussière est complètement sèche. Le tan grossièrement pilé s’échauffe plus lentement, & conserve sa chaleur beaucoup plus long-temps.

Si on employé du tan neuf, c’est-à-dire, qui n’ait pas encore servi à la préparation des cuirs, sa chaleur & sa durée seront considérables ; mais il coûte fort cher. L’économie dicte & l’expérience prouve qu’il suffit de se pourvoir de tan, lorsqu’on le tire des fosses avec les cuirs ; on l’expose alors au grand air, on le laisse sécher, ensuite on l’accumule dans un lieu sec à l’abri des pluies ou de toute humidité. Lorsqu’on désire préparer une tannée, on le retire de dessous l’angard, & on forme une couche, soit uniquement composée de tan, soit mêlée avec du fumier de litière. À l’article couche, on lira les détails nécessaires à cette opération.


TANAISIE. Voyez planche XI, page 304. Tournefort place dans la troisième section de la douzième classe des herbes à fleurs en fleurons, qui laissent après elles des semences sans aigrettes ; & il l’appelle tanacetum vulgare luteum. Von-Linné la classe dans la singénésie-poligamie égale, & la nomme tanacetum vulgare.

Rozier - Cours d’agriculture, tome 9, pl. 11, tanaisie.png

Fleur. Composée de plusieurs fleurons hermaphrodites B. Dans le disque, chaque fleuron est divisé en cinq parties. Les fleurons femelles sont à la circonférence & divisés en trois, ordinairement jaunes, & quelquefois, mais rarement, blancs. Ils sont tous portés sur un réceptacle C, plat, écailleux, convexe.

Fruit D. Semences solitaires, oblongues, nues.

Feuilles. Deux fois ailées, découpées comme par paires, dentées en manière de scie à leurs bords, très-vertes : on en trouve une variété, à feuilles plissées & crépues.