Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/109

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gages que ce que vous gagneriez dans toute votre année par le travail le plus obstiné.

caroline.

Je ne puis abandonner mon frère, madame ; que deviendrait-il sans moi ?

— Ne vous inquiétez pas de votre frère, Caroline, dit M. Delmis : je me charge de le faire recevoir dans quelque établissement de charité où il sera très bien. »

Caroline se retourna vers Gribouille ; il la regardait avec tristesse et affection. Elle répondit on secouant la tête :

« Jamais, monsieur ; jamais je n’abandonnerai Gribouille ; je l’ai promis à ma mère : mon frère ne me quittera jamais.

madame delmis.

Ce n’est pas raisonnable, Caroline ; votre existence serait bien plus heureuse et plus assurée chez moi ; vos gages dépasseront ce que vous gagneriez en restant chez vous ; si vous êtes malade, vous serez soignée et payée tout de même : tandis qu’une maladie vous mettrait dans la misère ainsi que Gribouille.

caroline.

Il y a du vrai dans ce que dit madame : mais je ne peux pas manquer à la promesse faite à ma mère, ni oublier que, loin de moi, mon pauvre frère serait malheureux.

gribouille, joignant les mains et les yeux pleins de larmes.

Caroline, Caroline, ne t’en va pas ; oh ! ne t’en