Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/110

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va pas ! Si je ne te voyais pas, je mourrais comme maman.

caroline.

Non, mon frère, non, je ne m’en irai pas ; jamais ! à moins que le bon Dieu ne me sépare de toi par la mort.

gribouille.

Alors ce serait différent ! je saurais que tu es heureuse, que le bon Dieu veut t’avoir, et alors je tâcherais de mourir aussi bien vite pour te rejoindre.

— Écoutez, Caroline, reprit M. Delmis, ému du dévouement de la sœur et de l’affection du frère, écoutez ; il y a moyen de tout arranger : entrez chez moi avec Gribouille. Tous les obstacles tombent par cet arrangement.

caroline.

Avec Gribouille ! Oh ! monsieur, c’est trop bon, trop généreux, en vérité… Je n’ose pas accepter. Je craindrais… Monsieur oublie peut-être…

monsieur delmis, souriant.

Non, je n’oublie rien, Caroline, mais je pense que Gribouille nous sera très utile pour bien des choses : le service de table, frotter les appartements, aider au jardin, faire des commissions… Oh ! soyez tranquille ; je vois bien ce que vous craignez. Je lui expliquerai si bien mes commissions, qu’il ne pourra pas s’y tromper.

gribouille.

C’est-y possible ! Je logerais chez vous ? je man-