Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/112

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monsieur delmis.

Alors, ma bonne Caroline, il faut que vous entriez tout de suite, car Rose est partie.

caroline.

Elle a quitté madame ?

monsieur delmis.

C’est-à-dire que c’est moi qui l’ai chassée, pour des injures grossières qu’elle m’a adressées. »

Caroline réprima sa surprise et son indignation, de crainte d’irriter davantage contre Rose ; elle demanda la permission de n’entrer que le lendemain, pour tout ranger et mettre en ordre dans sa maison et pour rendre à quelques personnes du linge et des robes qu’on lui avait donnés à faire. M. et Mme Delmis y consentirent, prirent congé de Caroline en lui recommandant de venir le lendemain de bonne heure pour le déjeuner, et la laissèrent avec Gribouille.

À peine M. et Mme Delmis eurent-ils fermé la porte, que Gribouille commença à témoigner sa joie par des sauts et des gambades qui firent sourire Caroline.

« Quel bonheur ! criait-il. Les braves gens !… En voilà des gens respectables !… Le bon maître que fera M. Delmis !… Et comme nous les servirons bien et comme je les aiderai et comme j’amuserai les enfants ! Je jouerai à tous les jeux, au cheval, à l’âne, au mouton, à tout ce qu’ils voudront !… Et je serai toujours avec toi ! Je ne te quitterai jamais ! Oh ! Caroline, Caroline, quel bonheur ! »