Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/113

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Caroline, plus calme, partageait le bonheur de son frère ; elle s’effrayait bien un peu de ce qu’elle aurait à faire et de ce qu’elle craignait de mal faire ; ainsi de la cuisine ; pour leur petit ménage elle d’en tirait bien, mais réussirait-elle pour une table mieux servie et plus recherchée ? « J’aurais dû le dire, pensait-elle ; ils me croient peut-être plus habile cuisinière que je ne le suis. Je ferai de mon mieux certainement, mais je ne suis pas savante ; je ne sais faire aucun plat fin. Je le leur dirai demain ; je serais désolée de les tromper.

— À quoi penses-tu, Caroline ? dit Gribouille. Pourquoi ne parles-tu pas ? Tu n’es donc pas contente ?

— Très contente, répondit Caroline avec distraction et en arrêtant les yeux sur le lit de sa mère.

gribouille.

Comme tu dis cela !… Tiens, tu vas pleurer,… tes yeux sont pleins de larmes ! reprit Gribouille en se rapprochant d’elle d’un saut et en la regardant avec inquiétude.

caroline.

Non, je ne pleurerai pas,… seulement je regardais le lit de maman, et je pensais… que…

gribouille.

Qu’elle est bien contente de nous voir entrer chez Mme Delmis, n’est-ce pas ?

caroline.

Que… que je quitterai la maison où elle a vécu, où elle nous a aimés, où elle a cessé de vivre,