Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/169

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


gribouille.

Ce n’est rien, ne fais pas attention ; monsieur te fait dire qu’il est content et que tu ne dois pas être fâchée ; il est mon ami, il me l’a dit.

caroline.

Je suis bien aise que monsieur soit content ; mais je t’en prie, Gribouille, ne mécontente pas madame. Ne lui parle plus de ses robes et de ce qui lui va, de ce qui ne lui va pas : ça ne te regarde pas. Occupe-toi de ton ouvrage, c’est le vrai moyen de contenter tout le monde.

Gribouille lui promit de ne plus faire d’observations et de les garder toutes pour elle. Caroline se rendit tous les jours plus utile par son intelligence, son activité, son adresse à faire toute sorte d’ouvrages, son empressement à servir ses maîtres. Tous les matins, avant que personne fût éveillé dans la maison, elle allait entendre la messe du curé et prier sur la tombe de sa mère ; elle lui demandait son secours pour continuer le service fatigant auquel elle s’était dévouée par tendresse pour son frère. Si elle avait été seule, elle aurait continué l’état de couturière, qui lui donnait de quoi vivre agréablement, et qui la laissait libre de ses dimanches et de ses soirées. Chez Mme Delmis le travail du dimanche et des fêtes était le même que celui des jours de la semaine ; il fallait de même faire les appartements avec Gribouille ; aider à la toilette de madame, des enfants, apprêter les repas, mettre et enlever le couvert, laver la vais-