Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/190

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caroline.

Quelle bêtise dis-tu là ? Tu plaisantes, j’espère.

Un troisième coup de sonnette retentit plus violent que les deux premiers, Gribouille ne bouge pas. Sa sœur le regarde avec tristesse, hausse les épaules et va ouvrir en se disant tout bas :

« Pauvre garçon ! je vois que je ne pourrai jamais le former pour le service. »

Elle ouvre la porte ; un domestique entre, portant une cage.

le domestique, à Caroline.

Mademoiselle, je suis nouveau dans le pays, je ne suis pas sûr que ce soit ici chez M. et Mme Delmis ; voici deux serins que j’apporte pour les enfants de Mme Delmis ; voulez-vous les remettre de la part de Mme Pierrefond, ma maîtresse ?

caroline.

Bien obligé, monsieur, je n’y manquerai pas. C’est bien ici que demeurent M. et Mme Delmis.

Le domestique regarda Gribouille, qui rit niaisement.

le domestique.

Qu’a-t-il donc à rire, ce garçon ? La bonne tête ! A-t-il l’air nigaud !

gribouille.

J’ai l’air que j’ai. Est-ce que ça vous regarde ? Je ne vous dis rien, à vous : pourquoi venez-vous me taquiner ?

le domestique, d’un air moqueur.

Faites excuse, monsieur, je n’avais pas l’inten-