Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/215

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caroline.

Je sais, je sais ; mais tu as oublié, mon pauvre frère, que madame a dit aussi : « Tout ce qui est nécessaire à son service ».

gribouille, se frappant le front.

C’est, ma foi, vrai !… Mais tu es mon bon ange, mon sauveur, toi, ma sœur !… C’est pourtant vrai !… « Tout ce qui est nécessaire à son service. » Elle l’a dit !… Ah ! elle l’a dit ! Et moi qui n’osais pas ramasser cette cage. Suis-je bête ! suis-je bête ! Ha ! ha ! ha ! En voilà-t-il une bonne bêtise ! Ha ! ha ! ha !… Pauvre Gribouille, va ! t’es bête, mon ami ; t’es bête !

Gribouille rit aux éclats ; Georges ne comprend pas le sujet de sa gaieté ; Caroline soupire, s’aperçoit de l’étonnement de Georges, et lui explique ce qui s’est passé entre Mme Delmis et Gribouille. Georges rit à son tour et s’empresse d’aller rassurer sa sœur, qu’il voit dans une des allées du jardin. Caroline dit à Gribouille avec tristesse :

« Mon pauvre frère, moi aussi, je te demande une promesse. Travaille toujours avec moi ; quand tu auras un ouvrage à faire, appelle-moi, nous le ferons ensemble. Et à ton tour tu viendras m’aider quand j’aurai à travailler, soit à la cuisine, soit à l’appartement. De cette façon tu ne feras jamais mal et tu ne seras jamais grondé, puisque je serai là, moi, pour te conseiller et te diriger. Le feras-tu ? me le promets-tu ?