Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/282

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gribouille.

Eh bien ! j’y vais. Viens-tu avec moi ?

caroline.

Non, j’ai à finir la robe de madame ; il y en a encore pour une heure de travail.

gribouille.

Tu es trop bonne de te donner tant de mal pour cette femme. Je vais donc seul tout raconter à monsieur. »

Quelques instants après, M. Delmis entendit frapper à sa porte.

« Entrez, dit-il… Tiens, c’est toi, Gribouille ? Par quel hasard ?… Que t’est-il arrivé ? Tu es plein de poussière… Comme tu es pâle ! Qu’as-tu, mon pauvre garçon ?

gribouille.

Je n’ai plus rien, monsieur. Ils m’ont tout volé. Je n’ai plus de bel habit, de belles cravates, Caroline n’a plus de belles robes ni de souliers : rien, plus rien. Ils m’ont tout volé.

monsieur delmis.

Qui est-ce qui t’a volé ?

gribouille.

C’est ce que je ne sais pas, monsieur : un homme et une femme… Je croirais assez que c’est Mlle Rose ; ça en avait bien la mine.

monsieur delmis.

Comment a-t-on pu te voler dans ma maison ?

gribouille.

Ah ! voilà, monsieur ! C’est que ce n’était pas