Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/308

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caroline, avec gaieté.

Ta, ta, ta, comme tu y vas ! tu arranges tout cela comme si nous n’avions qu’à nous amuser. D’abord je n’ai pas d’ouvrage.

gribouille.

Bah ! tu en auras. Le brigadier t’en fera avoir. M. Delmis me l’a dit.

caroline, étonnée.

Monsieur t’a dit cela ?

gribouille.

Oui, il me l’a dit, parce que le brigadier connaît beaucoup de monde et qu’il nous aime bien, et qu’il sera si contant de nous obliger… Tu ne vois rien, toi… Moi, je vois tout… Et je vois, je sais que monsieur et le brigadier sont nos vrais amis… Un maire et un brigadier, c’est gentil, ça ! Tu vois donc que tu auras de l’ouvrage.

caroline.

Dieu le veuille ! On ne doit pas être fière quand on a un frère à soutenir. J’accepterai de grand cœur.

gribouille.

Et tu feras bien ! Moi, j’accepterai tout ! Oh ! mais tout. Pain, jambon, fromage, café, n’importe quoi. Tout ce qui se mange.

caroline.

Mais pas d’argent, Gribouille ! pas d’argent !

gribouille.

Ma foi !… je n’en sais rien ! ça dépend ! Si je n’en ai pas besoin, je n’accepterai pas. Mais… si j’ai