Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/340

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et c’est dommage : ce poulet a si bonne mine !

le brigadier.

Tu n’as pas tort, mon ami. Mettons-nous à table et mangeons le poulet pendant que les œufs cuisent. »

Le brigadier tira de l’armoire du pain, une bouteille de vin, et, avec l’aide de Gribouille, le couvert fut bientôt mis. Gribouille mangeait et buvait avec une satisfaction évidente.

« Jamais je n’ai si bien dîné, dit-il. Jamais je ne me suis senti si content et si bien à l’aise ! C’est comme s’il allait m’arriver quelque chose de très bon, de très heureux !… Je vous aime bien, brigadier… Je vous aime,… je ne sais pas comment dire ça,… j’ai pour vous la même amitié que j’ai pour Caroline… Ça vous fait plaisir, n’est-ce pas ?

le brigadier.

Beaucoup, beaucoup, plus que je ne puis dire, mon bon Gribouille, dit le brigadier en souriant et en lui serrant la main. Mes moustaches ne te font donc pas peur ?

gribouille.

Peur ! vos moustaches ! Ah bien oui ! Vos moustaches seraient deux fois plus grosses qu’elles ne me feraient pas peur. Vous avez l’air si bon, et puis on voit dans vos yeux toutes sortes de choses… si bonnes,… si agréables !

le brigadier, souriant.

Tu vas me donner de la vanité, Gribouille, avec tes flatteries.