Page:Ségur - La soeur de Gribouille, Hachette, 1886.djvu/90

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monsieur delmis.

C’est, précisément parce que c’est trop fort, que je dis et maintiens qu’on s’est trompé, qu’il y a erreur.

madame delmis.

Vous êtes toujours comme ça, monsieur Delmis : vous n’écoutez personne, vous ne croyez personne ; il semblerait qu’il n’y ait que vous de sensé dans le monde. Moi, je dis qu’il y a vol et je vous somme, comme maire, au nom de mon amie madame l’adjointe, de faire arrêter la voleuse. »

M. Delmis sourit en levant les épaules ; au moment où il allait répondre, Gribouille entra précipitamment dans la chambre, suivi ou plutôt saisi par Mlle Rose, qui le retenait, de toutes ses forces et dont il cherchait à se débarrasser à coups de pied et à coups de poing.

Les deux femmes poussèrent un cri suivi de plusieurs autres. « À l’assassin ! criaient-elles, à l’assassin ! C’est le frère de la voleuse ! Il égorge Rose ! Au secours !

— Taisez-vous donc ! cria d’un ton impérieux M. Delmis : vous allez ameuter toute la ville.

— C’est ce que nous voulons, puisque vous n’avez pas le courage d’arrêter les coupables, riposta Mme Delmis.

monsieur delmis.

Silence ! Rose, lâchez Gribouille ; laissez-le parler ! Que veux-tu, mon garçon ?

gribouille.

C’est ma sœur qui m’envoie, monsieur le maire,