Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/219

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je dis; mais je sais que je vous aime de tout mon cœur je n’ai pas le temps de vous dire cela plus poliment. 7-T. DE MADAME DE SIMIANE A. d’hÉRÏCOURT. Du 22 novembre i73a.

Si les choses inanimées ne vous apprennent rien de moi, Monsieur, il ne faut pas que vous espériez d’avoir jamais de mes nouvelles, avec le divorce que j’ai été faire avec tous les mortels. Mais voyez de quoi je me suis allée aviser! si j’avois prévu l’embarras où cela me mettoit par rapport à vous, je serois demeurée parmi les hommes, et à portée qu’il n’en partit aucun devant vous qui ne vous parlât de moi. Je ne vois plus de remède à ce mal que de venir vous-même vous me l’avez promis, et j’entends encore le françois. Venez donc en propre personne, Monsieur; venez triompher de toutes mes résolutions, et les voir céder au foible que j’ai pour vous, et dont ce babillard de Ligondès vous a parlé, si je ne me trompe, dans une de ses lettres1. J’ai cependant une grande quantité de choses n vous dire; je ne sais par où commencer. Je crois qu’il faut capter d’abord la bienveillance de mon lecteur, en lui disant que j’ai vu la beauté Beaurecueil*. J’ai dîné avec elle chez Mme de Baudol’; je l’ai contemplée tout à mon aise cela est beau certainement; cela est pâle, cela est maigre, cela est changé mais j’ai démêlé tout cela je la vois telle qu’elle Lettre 71. 1. Dans l’édition de 1773 on a intercalé ici la fin de la lettre, à partir de « Je ne sais plus ce qu’est devenu mon gendre Castellane. »

2. Voyez ci-après, p. 226, note 8.

3. Voyez ci-dessus, p. 56, note 1.

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