Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/247

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MME DE Sétiobé. XI il

1733

Mme Riquet a tout emporté, même une tabatière garnie de rubis, que nous sommes bien aises de n’avoir eu ni à I?33 3 refuser ni à accepter. On dit que dans son pays ils ne connoissent que de deux espèces de femmes l’une si prodigieusement respectées, que l’on n’ose les regarder entre deux yeux; l’autre, des demoiselles d’opéra je ne sais ce qu’il a jugé de nos françoises qui ne sont ni de l’une ni de l’autre. Je n’ai guère à vous parler que de ce cardinal Pereira3. La ville est toute déserte; nous y avons eu des chaleurs excessives vous nous avez envoyé une bise qui est presque froide. Je suis dans le fort et dans la crise de mes affaires, et très-desireuse de quitter Aix.

Je compte d’aller passer quelque temps à Avignon dans le printemps prochain, et en vérité pour vous, Monsieur, et Mme de Caumont. Je n’irai point àMazargues cette année; il y a bien de la malice à vous de me parler d’un voyage en ce pays-là que ne le disiez-vous plus’tôt? Si ma fille qui va accoucher me laisse la liberté d’aller à Château-Renard avant le froid, je vous y donne rendez-vous, Monsieur.

J’honore, je respecte et j’aime de tout mon cœur Mme la marquise de Caumont je vous prie de lui faire accepter cet hommage de ma part, et de me croire avec un attachement infini, Monsieur, votre très-humble et très-obéissante servante,

Grignàjî DE Simiane.

3. Joseph Pereira de la Cerda, Portugais, évêque de Faro en 1716, cardinal en i7IQ, mort en !738, à l’âge de soixante et dix-septans, laissant un recueil de sermons, composés et prêchés par lui, qu’on publia quelques mois avantsa mort à Lisbonne. Il quitta Rome, rappelé par le roi son maître, comme on le voit dans Moréri le 27’ avril 1728, après un assez long séjour, et y était sans doute retourné