Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/260

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votre arrivée à Marseille, etcelle de Madame votre sœur2, de vous fatiguer d’une de mes lettres; vous me faites rompre le silence que je m’étois imposé, mais d’une façon cruelle. Oserai-je vous le dire, j’ai lu et relu trente fois l’article de votre lettre à M. de Ricard qui me regarde, et je ne puis comprendre par quel malheur il a pu arriver qu’un homme à qui vous avez paru accorder une protection sûre et actuelle, dont l’écriture nous a paru bonne, dont M. de Sineti m’a annoncé l’établissement, que cet homme devienne aujourd’hui la chose difficile à placer avec cinq ou six places vacantes. Je vous avoue que je suis tombée de mon haut, et que je sens jusqu’au fond du cœur cette mortification et cette espèce d’humiliation; l’intérêt que je prends à cet homme est grand et sincère; mais, Monsieur, combien de choses affligeantes se présenteront à moi s’il est renvoyé! Je vous supplie de m’épargner la douleur de vous le dire; faites vous-même toutes mes réflexions, et croyez que mon amitié et mon attachement pour vous mettent bien de l’amertume dans cette aventure. Je n’ai pas l’honneur de vous en dire davantage. J’ai appris avec beaucoup de joie combien Madame votre sœur a réussi à Marseille tous les talents que l’on a pour plaire ne sont pas quelquefois des raisons pour plaire partout ainsi il faut s’applaudir à mesure que les difficultés sont plus grandes. Je vous en félicite donc l’un et l’autre, et je suis toujours, Monsieur, tout ce que vous me connoissez pour vous.

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a. Mme de la Fare.

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