Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/267

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1734

Vous arrivez donc de Toulon, Monsieur, vous avez 3 dansé et soupe, vous quarantième, chez M. Million.3; vous avez un corps de fer, on ne peut pas vous tenir tête. Si nous étions assez heureux pour que vous eussiez quelque petite plaie, quelque petit ulcère, quelque charbon, quelque bagatelle de cette espèce, nous serions bien contents; et nous avons bien nos raisons pour cela, car voici le sieur Boismortier avec tous ses bistouris, qui se présente à vous plein de zèle et de transport*

En voilà assez, voici une lettre immense; j’ai plus de regret à la lecture qu’à l’écriture; pardon, Monsieur; si j’ai réussi, il faudra que je mange les joues à Mme de Bonneval. L’abbé d’Oppède* est arrivé, le savez-vous? Pour moi, il y a huit jours que je suis enfermée dans mon couvent6; je ne sais que le Miserere, que j’ai dit pour ces quarante libertins qui s’enivroient à Toulon il y en a un que j’aime bien; devinez-le, Monsieur.

3. Sans doute Mitton deSenneville, qui depuis 1720 était intendant de la marine à Toulon et dans toute la Provence.

4. On lit en cet endroit de la lettre originale une recommandation en faveur de Boismortier, que Mme de Simiane désirait de faire employer comme chirurgien à bord d’un bâtiment de la marine royale. La longueur de ce fragment, et le peu d’intérêt qu’il présente, ont déterminé à l’omettre. ( Note de l’édition de i8r8.) Ce passage a également été omis dans l’édition de 1773. Nous n’avons pu retrouver l’original ni combler cette lacune.

5. André-Bernard-Constance deForbin d’Oppède, quifigure dans l’État de la France de 1736 comme aumônier du Roi, grand vicaire de Paris, et abbé de Saint-Florent-lez-Saumur dans le diocèse d’Angers ou bien son frère, Paulin-Palamède, abbé de la Rivour, mort en 1741.

6. Elle y avait passé les jours gras elle écrit du lendemain des Cendres.